‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 374 sur 622 · Bonaparte au Directoire, 24 avril 1790 (Arch. G · texte numérisé non relu

Bonaparte au Directoire, 24 avril 1790 (Arch. G

3. Saliceti au Directoire, de Garni, 23 avril n9C(Arcli. G.).

4. FaiiiouU au Directoire, 24 avril, et Faipoult à Carnot, 23 avril 1796 (Arch. G.).

5. Bonaparte au Directoire, 24 avril 1796; et a ordre aux autorités civiles ctiiiilitaires sur la loute de Nice à Paris >< de laisser passer lil)iemeut Juuot et le citoyen Joseph Bonaparte ; aux maîtres de postes de leur louniir sur-le-champ tous les clievaux

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meure insensible à la pompe guerrière de ces trophées dont « quatre sont les drapeaux des Gardes du Corps du roi de Sardaigne », alors que l'armée qui les a conquis, ces glorieux emblèmes, et que son général, savent proclamer en ternies si emphatiques l'ardeur de leur dévouement ?

Bonaparte se méfia pourtant et c'est pourquoi, non content de ces assurances sonores, il fit partir Joseph avec Junot, Joseph porteur « d'une dépêche de la plus haute importance » sur laquelle il devait fournir sans doute d'intéressantes explications verbales et rapporter les intentions du Directoire « sur son contenu '». Il ne négligeait pas en outre d'aller au-devant des reproches du gouvernement en le mettant par avance dans son tort, c'est-à-dire en se plaignant qu'on ne fit rien pour lui, qu'on ne lui envoyât pas d'artillerie ; affirmant que « les armes de la République se trouvent compromises » par celte incurie, grâce à laquelle il a « perdu le brave Stengel », et il se trouve «arrêté tout court dans la plaine par une cavalerie plus nombreuse et mieux montée que celle de l'armée* ».

Ces insidieuses précautions prises en vue d'un avenir qu'il en-' Irevoit prochain, il entend ne pas laisser un plus long répit à CoUi et fait reprendre, dès le 24, tandis qu'il rédige avec sa précision coutumière ces diverses missives, la marche enveloppante de ses divisions.

Le 24 avril (o floréal), Sérurier pousse son avant-garde, avec le 22" chasseurs, sur La Trinila où sont les grand'gardes de Colli et suit, une demi-lieue en arrière, avec le gros de la division en plusieurs colonnes. Le colonel Colli s'élant déjà replié, Sérurier occupe La Trinila, portant son avant-garde sur Fossano en se liant par sa droite avec Masséna.

Celui-ci s'est dirigé de Carrii sur Bene, dont il s'empare après quelques escarmouches de cavalerie*, et d'où il lance, en avant-

dont ils auront besoia, et aux administralions municipales d'obtempérer sur-le-champ, a leurs n^piisitions. 24 avril (Arch. G.). En passant à Nice, le g»' Gauthier fit placer liour (iueli|ues heures, au balcon des représentants, les 21 drapeaux, alin que « les Nissards se convainquent de la réalité de leur défaite » (g"i Gauthier à Berthier, 28 avril 1796. Arch. G.).

i. Bonaparte au Directoire, 24 avril, et Ordre du 24 avril (Arch. G.).

2. Bonapai'le au Ministre de la Guerre, 24 avril n96 (Arcli. G.).

3. Marmont prétend |p. 319) que c'est lui qui s'empara de Bene, « à la tète de deux réi-'iments de cavaleiie »... « Apres avoir fait replier quelques troupes de cavalerie qui la couvraient, les habitants sont venus m'en apporter les clefs et me demander sûreté et protection. »

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garde sur Cherasco, le général Beaumont avec la cavalerie qui campe dans l'angle entre la Stura et le Tanaro.

Sur la rive droite du Tanaro, Augereau prononce de plus en plus son mouvement menaçant sur la route de Turin. Il occupe fortement la hauteur de Novello et le pont de Narzole, cliargeant l'adjudant général Sornet' d'y découvrir des gués et des emplacements favorables pour jeter, la nuit, des ponts, tandis que les commandants Andréossy et Maubert, ari'ivés à Lequlo, au-dessous de Narzole, explorent, dans le même but, le cours de la rivière. Les reconnaissances évoluent jusque La Morra à la recherche de positions d'où l'on puisse battre Cherasco qu'il doit attaquer le lendemain de concert avec Masséna. Cependant la division d'Augereau est bien réduite, Rusca en dépit d'ordres réitérés ne l'ayant pas encore rejointe -, et Victor assurant toujours les derrières de l'armée vers la Bormida.

Quant à La Harpe, il se porte de Mombarcaro sur Niella di Bclbo, suivi de loin par la brigade Victor qui se transporte de Cairo sur Scaletta-Uzzoneoù elle se rapproche enfin de sa division^.

Colli, devant cette menace sur toute l'étendue de son front, ramène de La Trinita sur Fossano son avant-garde qu'il abrite derrière la Stura et se transporte à Clierasco, avec le général de La Tour, resté près de lui depuis la veille. Il se convainquit, arrivé à Cherasco, que malgré la force réelle de la place, il n'avait l)as assez d'hommes pour la défendre contre un coup de vive force que ne pronostiquait que trop l'approche des colonnes d'Augereau et de Masséna qui déjà pressaient la ville sur les deux rives du Tanaro. Trop de fois abusé par les fallacieuses promesses de Bcaulicu, il ne comptait plus sur sa tardive intervention et, d'accord avec de La Tour, il prescrivit l'évacuation de la ville par son armée, n'y laissant qu'une faible garnison*.

A cette heure même cependant, l'apathique Beaulieu, prévenu depuis la veille des décisions du roi de Sardaigne, piqué au vif dans son honneur militaire, se décidait enfin à agir et ne laissant

1. Grand, couleurs fortes... Ne pusse pas pour très brave, ni très habile, mais se trouve depuis si longtemps avec le g»' Masséna que celui-ci le conserve toujours... sort de l'artillerie sous-olficier ». (Notes du g»i Desaix; Arcli. G.) Sornet lut tué en Egypte, toujours adjudant général.

2. On ne s'expli(|uc pas la désobéissance prolongée de Uusca qui, bien que relevé jiar Miollis devant Ceva et invité à trois reprises à rejoindre sa division, n'en avait tenu aucun compte. Aussi lui expédiait-on l'ordre pour la troisième fois en /riplicala, trouvant << très extraoïdiiiaire qu'il ne s'y soit point encore conformé ». (Bonaparte à Augeiean. Rusca, et l'adj'" Ballet, 25 et 26 avril i~i9(i ; Arcli. G.)

3. Bonaparte à Séruricr, Augereau, Maubert, Andréossy, 24 avril 1796 (Arch. G.) ; Mémoires de Masséna, t. II, p. 43 et 4C.

4. Ilécit du coni"' de Malausséna (pièce 299 des Arch. de Breil) et Mémoire Costa de Beauregard; cités par le c' Krebs, p. 433, note 1. La garnison de Cherasco était formée de deux bataillons du Royal-Allemand qui y étaient arrivés le 18 avril.

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que huit bataillons ot six escadrons avec Liptliay autour d'Acqui et de Terzo, portait ses avant-gardes à la fois vers Asti, San- Stefano diBelbo et Nizza délia Paglia, déployantles dix-huit bataillons et les vingt-deux escadrons qui lui restaient'. C'est que Beaulieu avait enfin compris que l'acte de désespoir de Victor-Amédée entraînait récroulement de tout l'échafaudage autrichien si artificieusement établi et maintenu trois ans par le baron de Thugut. Beaulieu devait reconnaître que l'ambassadeur d'Angleterre à Turin, Trevor, n'avait que trop raison lorsqu'il prédisait, en 1794, à Gherardini : « Si vous abandonnez la Sardaigne, elle n'a qu'à th'er son épingle du jeu *^ » C'était l'Autriche elle-même qui, par son maladroit égoïsme, avait rendu prophétique cette boutade anglaise. Après avoh' épanché sa bile avec Tliaon de Revel, Beaulieu marquait sa mauvaise humeur au comte d'Hauteville, le Ministre des Affaires étrangères, à qui il écrivait, à Tui-in, une lettre soldatesque pour lui reprocher de laisser le roi agir ainsi, cela au moment où l'armée autrichienne s'apprêtait à reprendre l'offensive, et pour l'accuser de couvrir son nom d'une honte éternelle '.

Il y avait quelque ironie à vanter l'offensive autrichienne après une aussi longue et inexcusable inaction dans des moments critiques où une simple démonstration eût suffi pour remporter des résultats décisifs. Mais Beaulieu, qui se refusait à confesser son indifférence prolongée*, s'en prenait à tout le monde, sauf à lui-même. Le mouvement trop tardif qu'il entreprenait in extremis, beaucoup plus, semble-t-il, par acquit de conscience que dans un réel projet d'offensive, n'était même pas poussé assez à fond, ni opéré avec des forces assez considérables pour avoir chance de réussite. L'occasion était à jamais passée.

1. C'Riistow, p. 110 ; Massijna, t. II, p. 46, où il n'est indiqué que seize bataillons ; g»i Piiiclli p. 613, qui n'indique que sciit bataillons, au lieu de liuit, à Lipthay.

11 cotivieut de noter que cinq jouis auparavant, le 19 avril, à 9 heures du matin, Beaulieu Ocrivait à Colli, qui avait envoyO l'officier d'état-major, comte d'Agliano, réclamer sou concours, pour lui ainioncci' qu'il allait se porter entre le Belbo et la liormida, et il l'invitait à aider ce mouvement en se plaçant entre Mondovi et Murazzano (Tliaon de Revel, p. 340). Ou voit comment Beaulieu avait tenu parole.

2. Henri Marmonier, p. 30. Mais comme l'avouaitle milanais Wallis, le prédécesseur de Beaulieu: « Qu'est-ce que cela nous fait qu'on pille Mondovi? » (Carlo Tivaroni, p. 19.)

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