Clausewitz
l'armée 39
Quant an centre, avec Beaulieu il se concen Irait vers Novi et Gavi, tenait le col de la Bocchetta et s'approchait de Gènes.
Sur les derrières de l'armée, on signalait en outre le passage dans le Véronais de 60 pièces de canon, escortées par 000 Croates, que Ton dirigeait vers la Lombardie ; 2,000 h. venaient d'arriver ù Trieste ; 14,000 h. de milices et 6,000 h. de troupes de ligne étaient cantonnés depuis Inspruck jusqu'à Trente'. Plus tard même, il passait sans cesse à Vérone des troupes se rendant aux armées et l'on assurait qu'un corps de 36,000 h. se formait en Hongrie. Armes, cartouches, munitions, troupeaux de bœufs venant de Hongrie, sillonnaient constamment les routes de Venelle ^. Beaulieu se laissait exalter par cette masse de 43,000 h. que devait appuyer à bref délai une imposante réserve de 33,000 Iiommes et ne doutait pas du succès contre un si novice adversaire.
En additionnant ces différentes forces, on verra que c'était 30 à r)3,000 h., tant Autrichiens que Sardes, que l'on opposait sur l'Apennin et sur les Alpes, ainsi que dans la Riviera, à la faible armée de 33,000 h. que dirigeait Bonaparte ^ Mais tous ces combattants étaient alourdis, abrutis par une tactique surannée, découragés par de stériles victoires de trois années ; désunis. Les Sardes étaient animés d'une « soumission calme », ti'istc vertu militaire*. Les Autrichiens se montraient toujours enclins à se ménager et à se réserver pour le moment où leurs intérêts particuliers seraient plus spécialement en jeu.
Ces singuliers alliés allaient se heurter au plus entreprenant, an plus actif des généraux, et aux soldats les plus alertes, les plus enthousiastes de la Révolution française.
A une troupe ardente, bien ramassée, bien concentrée dans les mains d'un chef hardi, qui allait, comme d'une massue, en asséner de droite et de gauche les coups les plus prompts et les plus étourdissants, la coalition n'opposait que des cohortes désunies et dispersées, lentes et lourdes, dirigées par des chefs calculateurs et jaloux, trophabituésà peser et àralentirleurs décisions pour en faire sentir avec à-propos la vigueur et l'efOcacité.
1. Ltttre du ronsul gi'iiOral de Fr.mco à Venise, au ministre des Relations Extéricui'cs, i"' avril 1790 (Arch. Ail'. Etrang. et Aich. G.). Bulle/in de Vienne du 18 avril et lettre de Lalleinent, ministre à Venise, du 30 avril n'je.