‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 382 sur 622 · Costa de Bcaureçard, p · texte numérisé non relu

Costa de Bcaureçard, p

3. Suivant le g»' Pinclli, p. 679, c'est par une ruse de guerre (pie Bonaparte aurait renvoyé, ou facilité la fuite des prisonniers'de guerre qui refluèrent sur Turin.

4. Tliaon do Ilevel, p. 3.'jl ; le g»' Pinelli, dont le récit est d'ailleurs entaché de nombreuses erreurs de dates, indifpie, p. 680, le 27 avril au soir, comme date du retour de Revel et Tonso, à Turin. Il est peu vraisemblable que les i)lénipotentiaircs, partis de Gènes, le 23 au matin, aient mis, même en tenant compte do leur conférence à Actpii avec Beaulieu, trois. journées entières pour revenir de Gènes à Turin. D'ailleurs Tliaon de Ilevel, bien placé pour savoir à (luoi s'en tenir, dit très afïirmativeuKnit qu'il lenlra le 26 dans la soirée, et nous devons le croire de préférence.

3. G»i Pinelli, p. 679; c' Biistow, p. 111. 0. Bcrtliier à Clarke, 27 avril (Arcli. G.). 7. G»' Pinelli, p. 679.

CHERA.SCO 431

Le roi dccida donc de charger Colli de solliciter de nouveau de Bonaparte un armistice, résigné à se soumettre d'avance à toutes les exigences du vainqueur. Avant de courber le front toutefois, il voulut, assez maladroitement, essayer encore d'en rabattre sur les conditions exposées dans la réponse de Bonaparte du 23 avril, et il lui fit olfrir engage la place de Coni et celle de Démonte au lieu de celle de Tortone, au sujet de laquelle il prévoyait des empêchements de la .part des Autrichiens'. Un aide de camp de Colli, le capitaine Alciati, ou le capitaine du génie de Malausséna% se rendit, le 27 avril, à 2 h. du matin ^ au quartier général de Bonaparte, lui remettre l'acquiescement du roi à une suspension d'armes, sous réserve des conditions nouvelles que le roi proposait.

Bonaparte qui prévoyait cette démarche, mais n'imaginait pas qu'elle pût être entourée des restrictions qu'y apportait le roi, était peu d'humeur à l'accueillir. Il yinchnait d'autant moins qu'il était renseigné, pour ainsi dire heure par heure, sur l'état des esprits à la Cour de Turin* et qu'il n'ignorait point que le roi, après avoir trop longtemps vécu dans le plus fatal aveuglement, était par un brusque revirement, plongé dans le découragement le plus profond. Aussi, écartant délibérément les atténuations inconcevables introduites par le roi dans ses propositions primitives, il rédigea et remit à l'aide de camp un ultimatum en sept

1. Rérit du com'"de Malausséna, aux Arcli. de Breil, cité par le ci Kreljs, p. 4.30, noie 1. Celait assurément une maladresse de laisser supposer que les Autrichiens pourraient se refuser à laisser occuper Tortone ; c'en était une autre et plus grande d'oll'rir Démonte, presque à la frontière fiançaise, ce qui pouvait faire redouter chez le roi de Sardaigne l'arrière-pensée de vouloir favoriser les Autrichiens en ne les dessaisissant ni d'Alexandrie, ni de Tortone qui protégeaient leurs possessions de Lombardie. Il était de plus à craindre que ces marchandages, n'indisposassent Bonaparte.

2 . Soit le eapit"" Alciati, d'après le g'' Pinelli, p. 680 ; soit le capit" de Jlalausséna, ainsi que le suppose le c' Krehs, p. 436, note I, d'après la lelation même de cet oUicier qui, cependant, ne précise i)as le nom de l'envoyé de Colli. — Alziari de Malausséna (Louis-Elzéar), né à Aiglun (Alpes-Maiitimes), le 3 mars lTo3, se retira avec le gr=ide de lieutenant-colonel et mourut .i Breil, le 29 mars liSM.

3. Voir à l'appendice une note de discussion sur les dates et heures des négociations de Clierasco

4. Un sicrétaire du roi, acheté par les Français, leur dévoilait tout ce que le roi faisait et méditait; d'ailleurs Cacault avait à sa solde dans tout le Piémont, dans la cour même, de nombreux espions (Ludovic Sciout. t. l", p. 637). D'après Tliaon de Revel (p 357) ce traître était le valet de chambre du Ministre de la Guei-re Cravanzana ; il fut arrêté et condamné a mort.

articles', dans lequel il maintenait ses prétentions antérieures, notamment en ce qui concernait l'occupation par l'armée française des places de Coni et Tortone, ou à défaut de celles-ci, celle d'Alexandrie, sans préjudice de la ligne de la Stura, depuis Démonte, et de la reddition de Ceva. Tl entendait môme que les troupes autrichiennes, encore incorporées à l'armée sarde, seraient comprises dans la suspension d'armes et resteraient « en otage » en Piémont. Enfin, il y introduisait une clause, en apparence inutile, par laquelle il se réservait le libre passage de ses troupes à travers les États du roi pour marcher sur la Lombardie et notamment ft la faculté de passer le Pô à Valenza- ».

Le débat ainsi tranché, et afm d'accentuer sa ferme volonté de ne rien concéder de plus, il eut l'art de faire assister l'aide de camp au défdé matinal, sur les hauteurs de Bra, des troupes de la division Masséna, spectacle qui ne pouvait qu'impressionner désagréablement le mandataire du généralissime piémonlais^.

Cet officier bien averti en outre que l'armée française nesuspendrait en rien sa marche tant que la place de Coni ne serait pas remise entre ses mains, repartit pour Carmagnola porteur d'un message, que l'on peut qualilier de négatif, en réponse à celui du vieux roi. Après son départ, Bonaparte « pour aller à la rencontre » de l'acceptation, ou plutôt de la soumission du roi qui lui semblait certaine, fit passer la Stura à ses troupes les plus proches*, en même temps qu'il faisait converger sur Cherasco une partie de la division Sérurier dont la présence entière à Fossano n'était plus nécessaire. Il en résulta, auprès de San-Fre, une légère escarmouche des dragons français avec la cavalerie du colonel comte de Saluccs-Verzuolo qui dut reculer jusqu'à Carmagnola^.

Colli inquiet, ramena sa gauche vers Santena etTrolTarello, tout

1. La copie, d'nprcs l'original communiqué par le gouvernement sarde, est au Archives de la Giiorro, à la date du 27 avril.

2. Si ces conditions étaient plus dures (|ue celles posées le 23 à Colli. il n'est pas juste de dire, comme dans le i'éi,-it du com"' de Malausséna, qu'après s'être contenté de deux places, il en voulait quati'c. L'occupation do Clierasco étant uu lait accompli ne pouvait faire question, non plus que la continuation du siège ou la reddition de Ceva.

3. Récit du com"' de Malausséna. — Le c' Krebs (p. 436, note 1) pense que ce fut vers 5 heures du matin au plus tût. soit trois lieuiTS après son arrivée au quartier ffénéial français, que l'nide de camp, en raison de l'heure du lever du jour en avril, put voir les mouvements de la division Masséna, ce qui réduirait à neuf heures le temps consacré à parcourir les 4.ï kilomètres qui séparent Cherasco de Turin, et les 20 qui séparent Turin de Carmagnola, et en tenant compte du temps nécessité par l'cxaincn en conseil de l'ultimatum de Bonaparte. Cependant une lettre de Colli à Beaulieu, citée par Thaon de Revel, p. 351, est datée du 27, 4 h. 1/2 du malin, et porte n le parlementaire revient à l'instant >>.

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