G«i Pinelli, p. 671 et 672 ; c' Riistow, p
pouvait s'y attendre à un soulèvement imminent et Bonaparte n'exagérait pas lorsqu'il disait, quelques jours après, au colonel Costa: « Votre pays est entièrement miné'. »
La nouvelle de la prise de Cherasco, celle de l'entrée d'Augereau dans Alba et de l'eflervescence républicaine qu'elle y avait provoquée, ne firent qu'accroître les inquiétudes, et il devint manifeste que sil'on attendait davantage, ce ne serait plus seulement le poil qu'il faudrait se laisser tondre, mais qu'il faudrait donner la peau avec*.
Enfin l'arrivée à Turin de prisonniers piémontais, qu'on avait volontairement laissé s'échapper, augmentala confusion parleurs propos afî'olés où ils contaient la ferme volonté de Bonapai'te de n'entrer à Turin qu'en vainqueur et de traiter la ville avec toute la rigueur usitée à la guerre ^
Dans de telles conjonctures, le retour à Turin, le 'âOavril*, àlO h. du soir, des plénipotentiaires Revel et Tonso, envoyés à Gènes, et rapportant la nouvelle de leur insuccès, ne pouvait qu'augmenter la détresse du roi. Dans la soirée du 2G également, le convoi et le grand parc d'artillerie de l'armée rentraient dans Turin, y causant une pénible sensations Les bruits les plus sinistres couraient à la Cour et dans la ville. Il semblait que l'on s'attendît aux pires événements et que l'on vécût sous la menace d'une prise d'assaut. « La victoire fait notre avant-garde et la terreur nous précède », pouvait écrire Berthler«. Militairement et poliliqueinenl, la situation s'aggravait chaque jour. Colli ne faisait plus que couvi'ir la capitale en garnissant la ligne de Carmagnola à Casanova et Ternavasso, derrière le Stellone, ne laissant que de faibles arrière-gardes à San-Fre et à Sommariva Bosco', et l'appui de Beaulieu, dont l'effort s'était limité à faire palrouiller quelques escadrons du côté de NIzza, était, cette fois d'une façon avérée, une dernière dérision et une nouvelle duperie.
\. Costa de Bcauregard, p. 338 et 343. « J'ai tiouvé à Gènes une somme de "0(1.000 tVancs eu numéraire consignée par des révolutionnaires, etc., etc. »