Costa de Beauregard, p
y. D'après Pinelli, p. 681, ces 4 officiers seraient partis ensemble de Turin, ce qui est contredit formellement parle récit du c' Costa.
6. Le lieut°t Carlo Filippo délia Rocca était aide de camp du c' marquis Costa; il écrivit sous la dictée de Bonaparte et recopia ensuite les conditions de l'arniistice. — Ce fut le père du général d'armée Enrico délia Rocca, chef d'état-major de Victoi- Emmanuel en 1859; né en 1807, mort en 1897 [Autobioqrafia di wi Velerano ; ricordi storici del générale E. délia Rocca, t. l"', p. 6. note 1).
7. Le cl marquis Henry Costa a écrit, pour le comte Salmatoris, un récit, admirable en tous points, des incidents qui marquèrent la conclusion de l'armistice de Cherasco. 11 a été reproduit pieusement par son arrière petit-fils, M. le marquis Costa de Beau-
« L'avant-garde française s'étendait jusqu'au village de San Fre ; SCS feux éclairaient la plaine et la colline; ce fut à leur clarté que les commissaires s'avancèrent jusqu'à Bra. Ils y furent courtoisement reçus par Masséna et passèrent avec lui ti'ois quarts d'heure employés à préparer l'escorte de hussards qui devait se joindre aux di'agons amenés de Carmagnola'. »
Il était ii) h. 1/2 du soir, après une journée de pluie, lorsque les plénipotentiaires descendirent devant le quartier général de Bonaparte, installé dans le palais du comte de Salmatoris ^.
« Aucune garde ne défendait les ahords de la maison qui était presque sans lumières. On ne voyait que quelques soldats endormis sur le seuil de la porte et sur les marches de l'escalier. Point de chevaux, de fourgon, ni de mulets d'équipage, point de domestiques. Le silence et le calme paraissaient régner dans le reste de la ville ^. »
« Après quelques recherches et quelques moments d'attente, parut un jeune homme attaché à l'état-major *. » Il introduisit les généraux dans une chambre, « où était allumé un grand feu », et avertit Berthier qui parut aussitôt, s'informa du but de la visite des plénipotentiaires et s'empressa de prévenir Bonaparte couché dans la chambre voisine, restant « enfermé avec lui près d'une demi-heure ».
« Bonaparte parut enfin. Il était en uniforme de général commandant et botté, mais sans sabre, sans chapeau et sans écJiarpe, son maintien était grave et froid. » « Avec cet air d'aisance que donne l'usage du monde », Bonaparte surprit par son aspect ceux qu'il venait de vaincre. <' Ses cheveux châtains et lisses étaient en queue, ils étaient sans poudre et pendaient fort bas sur son front et sur les côtés de son visage, les yeux étaient rouges et fatigués. Il avait cette carnation égale et blême qui est l'annonce des plus grandes facultés de l'âme ^ » La vue du général de La Tour,
rcirard, dans son beau livre : Un homme d'autrefois, d'une lecture si attachante, dont on ne peut lii'e certains passages sans une poignante émotion. Ce récit est tel qu'il n'y aurait ([u'ii le reproduire en entier sans y rien changer. Nous y ferons de très larges emprunts, personne ne pouvant mieux dire que le principal acteur de ce triste et émouvant drame.