Bonaparte au Directoire, 27 avril 1796 (Arcli. G
■4. Bonaparte à .Masséna, Sérurier, 27 avril; à Augereau, Sérurier, 26 avril (Ârcli. G.).
Ij. Bonaparte au Directoiie : « Si cela est conclu demain, je partirai le jour d'après aux tiousses de Beaulieu », etc. ; 27 avril (Arcli. G.).
G. Bonaparte à l'adjoint Ballet, 26 avril (Arcli. G.).
7. Bonaparte à Sérurier et à Fiorella, 26 avril; Fiorella avait avec lui 2,!i00 h. <Arcli. G.).
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de Ranza, bien qu'il inspirât moins grande confiance que ceux-ci, y rejoignait Florella pour le guider*.
Le 27, « à la petite pointe du jour», et s'entourant du plus grand secret, Fiorella se mettait en route et parvenait à Boves dans la journée ; il dirigeait aussitcVt une patrouille, conduite par un officier, à Vornantc et de là au col de Tende, pour l'aire parvenir aux généraux Macquard et Garnier l'ordre de rejoindre l'armée ^, moins en vue de s'assurer le concours de leurs divisions presque réduites à l'état de squelettes, que pour établir par Tende une route sur Nice et le littoral, plus directe, plus courte et mieux à l'abri. Dans la pensée de Bonaparte, la division Macquard devait avoir opéré le 29 sa jonclion à Borgo San-Dalmazzo avec Fiorella, ce qui eût permis à celui-ci de revenir le 30 à Fossano^ Il en devait être de même pour la division Garnier. Mais Bonaparte avait compté sans la neige encore accumulée dans ces rudes passages des Alpes et la division Garnier, arrêtée dans sa marche, obligée de passer par rEscarène, ne put à l'heure dite descendre dans la plaine du Piémont*.
Au surplus, ce mouvement, de première importance au cas où Von aurait eu à poursuivre la campagne contre le roi de Sardaigne, devenait presque superflu devant la terminaison rapide et heureuse qu'allait trouver la marche conquérante des Français.
Tandis que Bonaparte, infatigable, occupait ainsi les loisirs de l'attente, la cour de Sardaigne, mise en face des prétentions tranchantes du vainqueur, se résolvait à les subir. Ce ne fut pas, paraît-il, sans un nouveau débat, dans un conseil réuni d'urgence, où les partis en présence se livrèrent devant le roi à de dernières récriminations. Après que l'aide de camp eût remis l'ultimatum de Bonaparte et exposé ce qu'il avait vu et entendu, l'archevêque de Turin, le cardinal Costa, cet apôtre de la paix, qui au conseil
1. Bonaparte à Fiorella, à Baratta, 26 avril. Fiorella « aura soin de le garder à vue et de ne s'y fier qu'autant qu'il le faut jjour en avoir les renseignements utiles » (Arch. G.).
2. Ordre à Macquard, à Garnier, au général de brigade commandant au col de Tende ; à Gauthier, 26 avril (Arch. G.).
:!. Ibidein.
i. La division Macquard n'arriva à Boves que le 30 avril et Garnier ne put se mettre en route, avec 2,000 h. sans souliers, que le 1" mai (Gauthier à Berthier, 1" mai; Arch. G.).
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du 21 avril, avait inci;«é les esprits dans ce sens, insista plus vivement encore pour que l'on se résignât à l'inéluctable fatalité. Le Ministre de la Gaerre, « à la tète du parti savoyard », opina pour la continuation des hostilités, dût le roi abandonner la capitale. C'était une résolution désespérée, digne de gens « ayant tout perdu, hormis l'honneur, et n'ayant plus rien à risquer ». Le cardinal-archevôque combattit résolument cet avis et pour mieux étayer sa démonstration, fit rappeler l'aide de camp et « le somma de déclarer tout ce que Bonaparte lui avait insinué », conseillant de se méfier des Savoyards qui entouraient le roi. C'eût peut-être été une raison pour le roi de se méfier tout au contraire des conseils de son adversaire, mais la presque totalité des membres du Conseil, princes, ministres ', chefs de la magistrature, grands de l'État, se rangèrent à l'avis du cardinal, '< mus plutôt par le sentiment des dommages que la continuation de la guerre pouvait causer à leurs possessions que par des grandes vues d'État 2». Le roi céda et le capitaine marquis de Sommariva, aide de camp du duc d'Aoste, partit pour Carmagnola, portant à Colli l'ordre exprès du roi de conclure la suspension d'armes, et désignant pour cette mission, avec pleins pouvoirs, le lieutenant général baron Sallier de La Tour^, et le colonel marquis Costa, chef d'étatmajor de l'armée *.
Il était 2 heures après-midi, le 27 avril, lorsque Sommariva parvint au quartier général de Colli. Le général de La Tour et le colonel Costa partirent sur-le-champ pour Cherasco. En route, auprès de Sommariva Bosco, ils furent rejoints par le capitaine de cavalerie de Seyssel, aide de camp de Colli, qui les accompagna ^. Un'piquet de dragons et le jeune lieutenant Morozzo délia Rocca les escortait*^. Le calvaire commençait ^
1. Le comte d'Hauteville, Ministre de rintérieur. fut rependant parmi les opposants, si l'on en croit une lettre de Turin, d'une (•criture dég-uisée, signée Bridalet, qui le dénouçait comme vendu aux Cours de Londres et de Vienne, s'étant opposé à la réception de Sémouville et refusé à la paix (l!0 avril; Arcli. G.).
2. Uécit du com"' de Malausséna, aux Arcli. de Breil, cité par le c' Krebs, p. 436, note 1.
3. D'après le c' Krebs, p. 437, le g*' de La Tour aurait été nommé depuis le 27 aviil commandant en chef de l'armée sarde. Voir sa notice biographique et celle du c' Costa, à l'appendice.