Costa de Beauregard, p. 333 et
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« vieux soldat, très opposé à toutes les nouvelles idées, de peu d'instruction, et d'une capacité médiocre ' », qui lui fit « l'impression d'un homme borné au plus haut point* », motiva sans doute cette raideur dans l'accueil de Bonaparte. Le colonel Costa ^ « natif de Savoie, était dans la force de l'âge; il s'exprimait avec facilité, avait beaucoup d'esprit* » et ne put que corriger dans l'esprit de Bonaparte la fâcheuse impression produite par son général.
Celui-ci, bien qu'il eût carte blanche, et reçu mission de traiter à quelque prix que ce fût, crut devoir montrer en commençant une certaine hauteur, parler des conditions auxquelles » le roi, son maître », serait disposé à accepter une trêve. Bonaparte, qui avait écouté en silence le préambule, l'interrompit net, lui demandant s'il avait lu ses conditions, si le roi les acceptait, et lui déclara, de sa voix nette et tranchante, qu'il ne les modifierait en rien. « Depuis que je les ai otTertes, ajouta-t-il, j'ai pris Cherasco, j'ai pris Fossano, j'ai pris Alba. Je ne renchéris point sur mes premières demandes; vous devriez me trouver modéré ^. » Comme de La Tour manifestait la crainte que le roi ne fût forcé, à l'égard de ses alliés, » à quelques mesures contraires à la délicatesse et à la loyauté de ses principes », il se récria « d'un ton solennel » : « A Dieu ne plaise que j'exige de vous rien de contraire aux lois de l'honneur '^ ! »
La discussion continua ainsi quelque temps, de La Tour persistant à intercéder sur certains points, et l'un des plénipotentiaires ayant malencontreusement fait observer le peu d'utilité de certaines exigences, telles que le passage du Pô réservé à Valenza, Bonaparte riposta, cette fois « avec un peu d'aigreur » : « Ma République, en me confiant le commandement d'une armée, m'a cru assez de discernement pour jngor de ce qui convient à ses intérêts, sans que j'aie à recourir aux conseils de mon ennemi. » A part ce léger sarcasme où le ton s'éleva et parut amer et dur, Bonaparte fut constamment froid, poli et laconique'. Toutefois comme la discussion menaçait de s'éterniser, — il était déjà i heure du malin, — Bonaparte tira sa montre : « Messieurs, dit-il, je vous préviens que l'attaque générale est ordonnée pour
i. Napoléon : CainpcKpies d'Italie.