Costa de Beauregard, p
C. Que le lecteur veuille bien remarquer ce fait. Il devait être au moins 1 h. 1/2
« De son côté, Bonaparte expédia le contre-ordre de l'attaque générale qui devait avoir lieu celte nuit-là ». »
Les négociateurs, après ce long et pénible débat, étaient épuisés. « Le général de La Tour ayant alors demandé du café, Bonaparte ordonna qu'on en cherchât dans la ville. Il tira luimôme deux tasses de porcelaine d'un petit nécessaire de voyage qui se trouvait sur un sopba avec son épée; mais n'ayant pas de cuillers à café, on se servit de cuillers en cuivre jaune à l'usage des soldats -. »
Mtirat, Marmont, le gén(''ral Dospinoy et deux ou trois officiers de lélat-major parurent alors. Saliceti ne vint qu'à 6 heures du matin ^.
Pour achever cette nuit mémorable, les officiers passèrent dans la salle à manger « où était préparée une espèce de médianoche sur une table chargée d'une multitude de flambeaux ». Le menu était simple, presque grossier, arrosé en abondance de vin d'Asti*. Le repas fut court, car on pense combien le général de La Tour, et surtout le colonel Costa, esprit d'une rare élévation, caractère antique, que les malheurs de sa patrie avaient éclairé sans l'abattre, durent souffrir moralement pendant cette veillée où sonnait l'agonie de leur pays; aussi firent-ils peu d'honneur aux mets frugaux servis à leur intention.
La conversation s'engagea ensuite sur les récents événements militaires, et Bonaparte « laissa échapper plusieurs traits de force et de génie », convenant avec simplicité de ses fautes et rendant hommage à son adversaire. 11 s'entretint longuement avec le colonel Costa, « accoudé sur le balcon d'ane fenêtre pour voir naître le jour », faisant preuve de solides connaissances, « assez
du matin lorsque le capit"" de Seyssel put partir pour Turin, et cependant le comte de Luzerna rapportait à Clierasco, l'assentiment du roi, dans la même matinée du "2S (voir [i. 410), à 7 h. du matin, soit moins de six heures après le départ do Seyssel. Comment expliquer que des officiers, même supérieurement montés, même avec des lelais, aient pu francliir en cinq heures et demie deux fois la distance de 9 ou 10 lieues qui sépare Turin de Chcrasco ? Il faut bien admettre que CoUi, muni de pleins pouvoii's, accepta tout au nom du roi, sans lui en référer. Notons qu'actuellement en chemin de fer, où l'on a 58 kilomètres à parcourir de Turin à Gherasco, les trains directs mettent une heure vingt minutes, et les trains omnibus, environ deux heures.
1. 11 semble que ce fût là une des ruses familières à Bonaparte dont il abusa les plénipotentiaires sardes, car aucun ordre d'attaque générale ou partielle ne semble avoir été donné le 27, ni dans la nuit du 27 au 28, pour le 28. 11 n'y avait d'opération en cours que le mouvement de la brigade Fiorella, sur Boves et Borgo-San- Dalmazzo pour se relier à la division Macquard par Tende.