‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 393 sur 622 · Costa de Beauregard, p · texte numérisé non relu

Costa de Beauregard, p

4. Costa de Beauregard, p. 335. « Le plat du milieu était une jatte de bouilloa clair; il y avait de plus deux ou trois plats de viandes grossières, quelques entre» mets fort médiocres et du pain de munition. Le plat le plus apparent, était une pyramide de gimblettes, que les religieuses de Chcrasco avaient offertes au vainqueur à son arrivée. »

instruit » de l'iiistoirc du Piémont, et plein de confiance dans son procliain triomphe sur Beaulieu'.

Quoique sépanchant librement avec le colonel sarde dont il avait discerné la valeur, il ne sut pas le séduire. « L'esprit était ébloui par la supériorité de ses talents, mais le cœur restait oppressé... l'impression qu'on éprouvait auprès de ce jeune homme était une admiration pénible. On cherchait vainement en lui des traces de cette magnanimité généreuse... qui forme le plus beau trait du caractère des héros. » Berthier, qui montrait « plus de douceur et d'aménité et faisait admirer un grand sens uni à beaucoup de lumières », contrastait avec le jeune et cassant général dont il parla » avec éloge, mais point en courtisan - ».

« Général, que ne peut-on vous aimer autant qu'on est forcé de vous admirer et de vous estimer », lui dit le colonel Costa en prenant congé de lui, mêlant avec une rare et délicate justesse d'expression le regret à l'admiration 3.

Quand Saliceti survint, « il eut l'air de trouver les conditions de l'armistice trop modérées; mais, sous son masque sévère, on devinait sa joie ». Feint ou vrai, son blâme arrivait trop tard. A 7 heures, en effet, le comte de Luzerna arrivait avec les ordres du roi*, et les plénipotentiaires repartirent pour Carmagnola, reconduits jusqu'à leur voiture par Bonaparte et son état-major, « avec les démonstrations les plus amicales », et sous une escorte de dragons (28 avril 1796 — 9 floréal an IV).

Le retour des lofficiers sardes, par cette grise matinée d'avril, au milieu de la fumée des bivouacs français, après la signature de rar?êt « qui rendait inutiles leurs efforts et leur dévouement passés"'», avait une grandeur mélancolique qui fait frissonner. « On voit alors pleurer les plus vaillants. » Le colonel Costa qui, « suprême douleur du soldat», après avoir signé, sous l'étreinte de la fatalité, les dures conditions de l'armistice, avait supplié le roi de le désavouer, de ne point ratifier la convention, dont il ne lui dissimulait pas « les terribles conséquences », le colonel Costa éprouvait plus que personne, au fond de son cœur généreux et meurtri, que le soldat « à de telles heures, a pour sa patrie des tendresses inconnues; il lui semble qu'il trahit, que les morts de

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