G»i Pinelli, p, 614 et 673 ; c' Riistow, p
de cavalerie qui voulurent subrepticement s'emparer de la ville et de la citadelle. La vigilance du général Solaro di Moretta, gouverneur de la place, déjoua ce coup de main '.
La fourberie de Beaulieu fut plus heureuse àValenza qui tomba au pouvoir d'un régiment de dragons napolitains ^.
Bonaparte jeta feu et flammes, on le pense bien, devant un tel attentat. Il exagéra d'autant plus sa colère que les vues qu'il avait proclamées sur Valenza, n'étaient qu'une feinte destinée à induire son adversaire en erreur sur ses véritables projets. Renoncer sans mot dire à Valenza, c'était avouer qu'on n'y tenait pas et peut-être dessiller les yeux du général autrichien. A la nouvelle de l'occupation de Valenza, Bonaparte protesta avec hauteur auprès du général enchef piémontais^ « L'intérêt du roi, celui de la République sont également d'accord et exigent que vous chassiez promptement ces troupes. '> Il offrait, en cas de besoin, pour faire respecter les traités, le secours d'une de ses divisions au général de La Tour. Celui-ci n'eut pas à y recourir et, quelques jours après, sur les sommations indignées du roi, les cavahers napolitains, vrais « lazzaroni », évacuèrent Valenza, non sans avoir mis la ville à sac, et se retirèrent chargés de butin*.
Quelle pire conduite eût pu tenir un mortel ennemi! Castel Alfero jugeait bien lorsqu'il écrivait que si les Autrichiens rentraient en vainqueurs en Italie, ce serait pour s'emparer du pauvre Piémont ».
fionaparte ne fut pas seul à apprécier sévèrement la déloyale consigne autrichienne. La population piémontaise partagea sa colère et sentit croître son aversion pour cet infidèle allié, au point que, le 29 avril, le roi dut, à Turin, faire relever par la garde urbaine les rares postes de la capitale encore confiés aux vétérans autrichiens. On dut faire partir ceux-ci, le lendemain, de grand matin, par la porte de Suse, comme s'ils se rendaient au champ de manœuvres. Une lois hors des murs, ils obliquèrent à droite, franchirent la Doria et rejoignirent prudemment leur armée ^.
1. Pinelli, p. 675; Rûstow, p. 120. Bonaparte félicita le chevalier Solar (lettre du 3 mai ; Arch. G.).