‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 417 sur 622 · Campufjnea d'Italie · texte numérisé non relu

Campufjnea d'Italie

dévolu sur Valenza pour y passer ;p Pô'; en tous cas, il avait bien certainement ce projet en tète lorsqu'il débattit l'armistice de Cherasco. Cependant, à en juger par sa lettre au Directoire-, il ne semblait pas encore fixé ce jour-là sur l'usage qu'il ferait définitivement de la possession de Valenza. La veille môme du jour où il devait passer le Pô, il attendait encore le résultat de sa manœuvre sur Plaisance. « Si mon mouvement, éciivait-il, décide Beaulieu à évacuer la Lomellina, je le passe (le Pô) tranquillement à Valenza. Si Beaulieu ignore pendant vingtquatre heures notre marche et que je trouve des bateaux et de quoi faire des radeaux, je le passe dans la nuit à Plaisance. » Dans tous les cas, il ignorait ou feignait d'ignorer où et quand il passerait le Pô. « Je n'en sais rien », disait-il. Voulait-il vraiment tromper le Directoire ou se réserver une explication en cas d'échec? Il est difficile de le dire. Son indécision, si elle exista, dura peu toutefois, puisque le lendemain du jour où il écrivait ainsi au Directoire, son parti était pris et que, le lendemain soir, le Pô était franchi.

Il disposait alors, déduction faite des pertes subies dans la première partie de la campagne ^ et des garnisons qu'il avait dû laisser dans les places fortes du Piémont*, d'une masse de près de 30,000 h. ^ tant d'infanterie que de cavalerie, dont le nombre s'accroissait chaque jour par la rentrée des malades, des blessés, des éclopés, évadés des hôpitaux et des ambulances, et des « fricoteurs », toujours en quête d'une bonne aubaine, et qui, restés sur les derrières, rejoignaient en bandes l'armée, à la seule annonce de ses succès.

Si, au point de vue de la valeur morale, ce contingent nouveau n'apportait que peu de forces, il n'en était pas de même des 9,000 h. de l'armée des Alpes", dressés à la sévère discipline du

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