Bonaparte au Directoire, 6 mai (Arch. G
que sont dus en grande partie nos succès ' ». Bcrlhicr n'en bouda pas moins quelque temps, accusant inpetto Bonaparte de chercher « à garder pour lui toute la gloire*». Cet accès de mauvaise humeur finit toutefois par céder, soit devant les amplifications élogieuses de Bonaparte et de Saliccti, soit après réflexion ; et Berthier, qui avait naguère écrit à Clarke : « La victoire fait notre avant-garde et la terreur nous précède*», reprenant confiance et belle humeur, sï'pancliait joyeusement avec le général Aubert-Dubayet : « Si cela continue et que le Turc veuille s'en mêler, nous pourrons faire notre jonction à Vienne et de là faire une visite à l'Impérati"ice de Russie *.»
Ce léger nuage dissipé, il restait toujours à redouter les remontrances du Directoire, plus rebelle à se laisser amadouer que Berthier. Aussi Bonaparte, qui s'attendait toujours à être tancé dimpor tance, épuisait-il à son égard les formules les plus laudativcs et se répandait en protestations chaleureuses pour endormir les craintes des cinq membres de l'ombrageux aréopage du Luxembourg, quoiqu'il les tînt en assez piètre estime. Aussi, le voit-on « passant de l'opposition sournoise à la llagornerie officielle » ». En réponse à l'avis que le Directoire lui donnait des applaudissements et encouragements du Corps législatif», il s'écriait : « C'est la plus douce récompense que l'armée puisse retirer de ses succès. Quant à moi, rien, depuis longtemps, ne peut ajouter à l'estime et au dévouement que je montrerai dans toutes les occasions pour la Constitution et le Gouvernement. Je l'ai vu s'établir au milieu des passions les plus dégoûtantes, toutes tendant éga-