‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 435 sur 622 · Bonaparte à Bertbier, 2 mai, 13 floréal (Arch. G · texte numérisé non relu

Bonaparte à Bertbier, 2 mai, 13 floréal (Arch. G

7. Rusca se porta à 2 h. du soir de Frugarolo sur Castelnuovo parTorre Garofali, mais il dut attendre les deux pièces, qui n'étaient pas arrivées, pour les braquer prés de Gornale, au confluent de la Scrivia. 11 lit cuire 30,000 rations de pain pour le lendemain dans les villages environnants Castelnuovo, Casei Gerola, Silvano, Cassine, en maintenant strictement la discipline et le pl''s grand ordre (Bonaparte à Augereau, 3 mai; Uusca à Berthiei', 4 mai. deux lettres; Arch. G.).

L'avant-garde de Masséna arriva le soir à Sale, ayant traversé la plaine de Marengo, et le village de Castel-Ceriolo, lieux qui devaient devenir si fameux quatre ans plus tard. Elle sempara des barques àBassignana, ne laissant passer personne à Dozena.ou conduisant à Tortoneles gens et mulets qui auraient passé (Bonaparte à Masséna. 3 mai, deux lettres et note à l'officier général commandant l'avant-gardo, 3 mai; Arch. G.).

Le mauvais état dos cliemins abîmés par les pluies, les rivières débordées, la Scrivia grossie, ne furent pas pour ces troupes un obstacle.

De son côté, La Harpe, passant la Scrivia près de Rivalta, entra dans Tortone qui ouvrit ses portes', et y plaça, en garnison, sous les ordres du général Meynier, la moitié de la 39« -. L'autre portion de cette demi-brigade se dirigea avec le général Pelletier sur Serravalle, pour en occuper le château et prélever dans les fiefs impériaux de fortes réquisitions, notamment sur le seigneur d'Arquata, « oligarque furibond, ennemi de la France et de l'armée » qui dut, pour sa seule part, payer 50,000 livres, sous peine de voir raser sa maison et dévaster ses biens ^

La cavalerie, et le gros des divisions Augereau et Masséna se maintinrent concentrés autour de Bosco et de Castellazzo, où Andréossy et Manbert jetaient un pont'. La présence de ces nombreuses troupes aux alentours d'Alexandrie était bien faite pour entretenir les illusions de Beaulieu sur le véritable point de passage des Français. Toutes ces allées et venues qu'il ne pouvait ignorer, ces rafles de bateaux, ces canons en position sur le fleuve, cette accumulation d'hommes et de matériel, les précautions prises pour empêcher les communications entre les deux rives % tout, et plus encore la lettre de Bonaparte au gouverneur d'Alexandrie où, persistant dans son stratagème, il annonçait le prochain passage du Pô et réclamait des bateaux pour l'eflectuer et des charrois pour le préparer", tout dénotait, aux yeux crédules de Beaulieu, l'intention bien arrêtée de Bonaparte de forcer sa ligne devant Valenza. Après l'occupation illicite qu'il avait faite de cette ville, ill'avait restituée, non sans l'avoir pillée, dès qu'il n'en eut plus besoin pour la sécurité de sa propre retraite; il lui avait fallu céder aux objurgations du gouvernement sarde, harcelé par Bona-

1. En vertu de l'armistice de Cherasco ; on y trouva 100 canons de bronze; c'était une tiès belle foiteiesse avec des casemates pour 3,000 h., qui avait coûté plus de 15 millions au Piémont (Bonaparte au Diiecloire, lO mai; Aicli. G.).

2. Un bataillon de la 39» alla s'emparer de Francavilla. La Haipe envoya chercher à Novi par 50 chasseurs 15.000 rations de pain pour Tortone {liouaparte à La Harjie, 3 mai, 14 floréal, deux letties ; Arcli. G.).

3. Pelletier dut faire verser dans les quarante-huit heures 250,000 livres, livrer 200 mulets à bat, 200 bêtes à cornes pour Tortone; le com"' Gouin, avec 200 h., resta à Serravalle pour veiller à. l'exécution (Bonaparte à Pelletier, 3 et 4 mai ; Arcli. G. ; Historique de la 39-). Ce fut l'ancienne 40» (\m opéra à Serravalle et Arquata ; la 121» et le 10» bataillon de l'Ain allèrent à Tortone ; le 4» bataillon des Basses-xVIpes était en arriére. Ces divers corps amalgamés formèrent, peu après, la 39» de seconde formation.

4. Ordre à Masséna, 3 mai (Arch. G.). Andréossy « grand, gros, marqué de petite vérole ». Notes du ;,'"' Desaix (Arch. G.).

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