Landrieux, p
6. Le tambour-major Idrac en empoigna 15 à lui seul de sa robuste main. 1. Landrieux, p. 186.
8. Voir la note de discussion sur les causes de la mort de La Harpe, à l'appendice.
Ce fatal événement n'était pas fait, on le conçoit, pour l'aire cesser la panique qui s'était emparée d'une partie des troupes. « La nuit, qui grossit les objets, avait augmenté le désordre ', » La mort d'un chef estimé et aimé -, dans une bagarre dont peutêtre il pouvait, dans une certaine mesure, ôtre rendu responsable', consterna et désola les soldats. D'autre part, les Autrichiens, qui avaient pénétré sur d'autres points dans Codogno, loin d'être impressionnés' par la capture des 300 pontonniers, repi'irent courage à l'appel de Schiibirz, et bientôt, au milieu des épaisses ténèbres de cette nuit de mai, le feu recommença avec vivacité.
Berthier, informé de la mort de La Harpe et de l'alarme qui régnait dans Codogno, accourut de Ouardamiglio *, et rallia les troupes désunies, «épouvantées^», les groupant, les exhortant pour les reporter au combat. La 7o«, avec le général Ménard, arriva de
1. Ménard à Bonaparte, 9 mai (Arcli. G.) ; et c' Sécrétan, p. 140.
2. En dépit des odieuses insinuations de Marmont qui accuse La Harpe d'avoir « assez peu de tète et pas beaucoup plus de coui'age » (p. l'JO), Bonaparte appréciait La Harpe tout autrement. On a vu quelle intimité régnait entre eux, quelle conOanec il lui témoiguait, quels éloges il lui décerna à plusieurs reprises. L'avis de l'armée i,uT La Harpe, sauf celui de .Marmont, était d'ailleurs unanime, et les regrets partagés partons. Bonaparte prit immédiatement pour aide de camp le fils de La Harpe, jeune sous-lieutenant, s'ell'orçant de lui faii'e rendre en Suisse les biens conlisqués sur son père ; demandant pour lui le grade de lieutenant de cavalerie, comme une « manifestation de la reconnaissance nationale » (Bonaparte au Directoire, Saliceti au Directoire, 9 mai; Bonaparte au Directoire, Bonaparte à Barthélémy, 11 juin ; Arcli. Aff. Étr. et Arcli. G.).
'i. Les recommandations les plus expresses avaient été faites La veille à La Harpe par Bonaparte, qui lui écrivait, aussitôt qu'il eut passé le PiJ et qu'il s'aligna en bataille sur l'autre rive : « ... Vous devez rassembler les ti'oupes à vos ordres, empêcher qu'elles ne se livrent au pillage et qu'elles ne soient disséminées dans le' cas où l'ennemi viendrait à les inquiéter... ne permettez qu'aux éclaireurs désignés de s'éloigner de leuis corps, llecommandez bien que les gardes ne dorment point : vous sentez (pi'une fausse alerte, quand on a le Pô deriiére soi, pourrait devenir très dangereuse si les troupes n'étaient pas dans le plus grand ordre. » (Berthier à La Harpe, 7 mai ; Arch. G.) Avec un chef aussi ferme et vigilant que La Harpe, « toujours éveillé » (Mémoires Masséna, p. 61) de telles instructions devaient être exécutées à la lettre. Elle ne le furent cependant pas. Faut-il croire, ainsi que le disait Napoléon à Sainte-Hélène (Campagnes d'Italie) que le soir du 8 mai, après le combat, La Harpe se montra subitement très inquiet, très abattu, ne donnant point d'ordres, privé en quelque sorte de ses facultés ordinaires, et comme tout à fait dominé par un pressentiment funeste? Cela expliquerait la négligence dont ses troupes firei.t preuve dans Codogno. On ne saurait cependant lui imputer la faute commise par la 51" qui n'était point avec lui. Il est positif que cette demi-brigaile ne s'éclaira pas avec suflisamment de soin; que c'est elle qui provoqua le désordre, simplement p:ir oubli ou méconnaissance des prescriptions de sûreté les plus élémentaires. C'est elle déjà qui, par sa fuite à Dego, avait causé la capture de son chef, le vieux Lafons, et la mort du g"' Causse, tué en cherchant à la rallier. La Harpe n'avait sans doute pas omis de lui rappeler les précautions à prendre, mais il n'était pas là pour y veiller. Quoi qu'il en soit, si cette meurtilère échauli'ourée fut due à l'incurie de La Harpe, il la paya de sa vie et en fut la première victime, U serait donc cruel d'insister et de faire peser sur sa mémoire la responsabilité de ce demi-échec où il n'y eut d'irréparable que sa mort, et où l'inexécution de ses ordres par la 51= peut compter pour une large paît. Un combat de nuit est toujours, du reste, une opération de gneri-e excessivemi'iit délic.ite et périlleuse où le hasard déjoue parfois toutes les combinaisons et annuli: l 's plus sages précautions.
4. O Kiistow, p. 131 ; a } heui-es du matin, d'après Napoléon : Campagnes d'Ilulie.