Ordres à Masséna et Kilmaine, 9 mai (Arch. G
5. Augereau à Rusca et Beyrand, 9 mai (Arch. G.). Ordre de partir de suite de Fomhio, s'établir militairement avec quatre canons sur le chemin de Casai, etc. « le moindre retard serait condamnable ».
G. «Je contiens ma division mais le pourrai-,je longtemps? La sévérité que j'exei'ce sera regardée par elle comme une rigueur odieuse. La troupe est exténuée de fatii:ue, la division sans souliers», etc., etc. (Augereau à Bonaparte, 10 mai; Aicli. G.; Notes du capit»» Rallier, Rerue Rp/rospeclive, i" avril 1894).
7. Ordre à Augereau, 9 mai (Arcli. G.). Elle n'y arriva cependant que le 10 mai, dans la matinée, d'après THistorique de la 29" légère qui dit que deux heures après que les tirailleurs de la 29» eurent pénétré dans Borglicttu, il fallut parMr pour Lodi. L'Historique de la 27" légère dit qu'on arriva pendant la nuit à Boiglietto.
d'espoir de le devancer sur ses communications. SI l'on avait eu un équipage de ponts pour traverser le Pô, le passage se fût opéré, arlillcrie et cavalerie coni|)rises, avec plus de célérité. On n'aurait pas perdu soixante heures; mais ce va-et-vient de bateaux et de radeaux sur le fleuve, si activé qu'il fût, entraîna d'inévitables lenteurs, auxquelles Beaulieu dut son salut.
Si l'on n'espérait plus arriver avant Beaulieu sur l'Adda pour lui intercepter la route, il ne fallait cependant pas le laisser défder à loisir sur les voies qui l'y conduisaient. C'est pourtant ce qu'il exécuta pendant toute la journée du 9 mai. Beaulieu avait d'abord projeté de s'ouvrir le chemin de retraite le plus direct, celui qui va de Pizzighettone à Crémone. L'annonce des échecs successifs de Liptliay et de Schûbirz l'y fit renoncer spontanément; ce qui est compréhensible, car en y persistant, il risquait de se heurter à Casalpusterlengo, il se heurtait certainement à Codogno, aux tètes de colonnes de l'armée française '.
Privé pour quelque temps de l'appui des 6,000 h. de Lipthay dont il était toujours sans nouvelles, il ne devait compter, même en ramassant ses troupes disséminées, que sur un eiïectif inférieur désormais à celui de Bonaparte. Il ne pouvait donc penser à livrer une action générale en rase campagne dans ces conditions, et il lui fallait chercher un abri protecteur derrière le cours de l'Adda, afin d'y rejoindre Lipthay, et cela avec d'autant plus de hâte que les Français s'avançaient sur la route de Lodi, menaçant de couper la retraite à l'aile droite retardataire de Beaulieu.
Aussi le 9 mai, de grand malin, Beaulieu, troublé, leva le camp avec toutes ses troupes, traversa précipitamment Casalpusterlengo où refluait Schilbirz, par conséquent peu d'heures avant que Berthier et Ménard n'y pénétrassent à la poursuite de son lieutenant. A midi, il entrait dans Lodi, recueillant des corps dispersés de la division Lipthay, dont il apprenait alors la fuite à
1 . Le c' Rûstow, p. 132, se demande comment et pourquoi Beaulieu abandonna Tidée de percersur Pizzighettone, aussitôt qu'il reçut le message de Scliiibirz l'infurniant de son échec et de sa retraite, et il estime que cette résolution est difficile à comprendre. Cependant elle s'explique d'elle-même puisque la route que Beaulieu devait suivre passait par Casalpusterlengo, Codogno et Maleo qu'il savait pertinemment occupés par des troupes françaises, du moins ces deux derniers points, et il pouvait présumer avec raison que celles-ci lui étaient supérieures en nombre.
Pizzighettone. Il lui transmit incontinent l'ordre de ne laisser dans cette place qu'une faible garnison et de se retirer sur Crémone'. Lui-même, dans la nuit du 9 au 40 mai, ne postant que quatre bataillons et quatre escadrons, sous le général Schiibirz, dans Lodi pour y attendre SebottcndorfT, passa l'Adda et courut se réfugier dans Crema -. Cette place, vénitienne à la vérité, était neutre par conséquent, mais Beaulieu n'était pas gôné par de tels scrupules et d'ailleurs Crema lui offrait l'avantage de le rapprocher de son autre lieutenant, Colli, en retraite lui aussi sur Brescia.
En même temps, en effet, que Beaulieu battait en retraite sur l'Adda, se dérobant à tout engagement général, ses divers lieutenants exécutaient, par ses ordres, un mouvement analogue. Sebottendorff, le plus proche, à Pavie, accomplit le 9, une forte marche forcée par San-Angelo-Lodigiano, sur le Lambro, qui le rapprocha de Lodi, lieu qui lui était indiqué par Beaulieu comme point de passage de l'Adda. Colli, qui le 7 mai avait remonté le Tessin jusqu'à Buffalora pour y couvrir Milan, rétrograda le 9 sur la capitale de la Lombardie, y jeta une garnison dans le château, et dut poursuivre le lendemain sa route sur Brescia par Gorgonzola, Cassano, où il devait franchir l'Adda, et Ti'eviglio ^. Ainsi, le 9 mai, un mouvement de retraite générale était imprimé à toute l'armée autrichienne reculant de l'Ouest à l'Est, tandis que Bonaparte prononçait plus énergiquement, du Sud au Nord, son évolution ascensionnelle. Il était infaillible que les deux adversaires se rencontrassent à bref délai en un point quelconque de leur marche perpendiculaire. Ce lieu prédestiné s'appelle le pont de Lodi.
1. Oa a vu plus haut, p. 495, que c'est ce qu'avait fait Lipthay sans attendre les ordres de son clief.