‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 483 sur 622 · C Riistow, p · texte numérisé non relu

C Riistow, p

2. Les murs de Lodi dérobaient les Français aux coups de Tennemi et les Autrichiens, leur iiilanterie du moins, avaient reculé jusqu'à un pli de terrain assez éloigné de leurs batteries et du pont (Napoléon: Campagnes d'Italie).

3. Gusani, t. IV, p. 337, raconte que Bonaparte s'étant avancé près du pont pour examiner la position, lut accueilli par la fusillade, et qu'une balle vint frapper à côté de lui le piédestal de Saint-Jean-Népomucène, sauvant peut-être ainsi la vie au général. 11 parait plus probable que Bonaparte examina du iiaut des murs à gauche de la porte (d'après lîrossier et BIcin) nu, comme le dit quelques lignes plus loin Gusani, du haut du campanile de Santa-Ghiara, où il était caché.

4. Cl Riistow, p. 135 ; il dit que la Casa Mozzanica est à 7,500 pas de Lodi ; Marniont, p. 174, dit à 500 toises. Montenasso, est le plus souvent écrit Montauaso.

Pendant ce temps, dissimulés par les hautes murailles de Lodi, les valeureux soldats de l'avant-garde giietLaient avec impalicncc le moment où les feux de l'arlillene, les évolutions enveloppantes de la cavalerie, l'entrée en ligne de Jouliert et d'Augereau, commenceraient à jeter chez l'adversaire inquiétude et désordre.

La conformation naturelle des lieux favorisait d'ailleurs les projets de Bonaparte L'accès du pont, sur la rive droite, formait en eiïet une sorte de rentrant des plus propices à masquer jusqu'au dernier moment les colonnes d'assaut. En outre, la ville de Lodi, conslruile sur un soulèvement de terrain qui s'incline en pente vci's l'Adda, domine de haut la plaine plate et basse de la rive gauche. Les maisons de Lodi, avec leurs murs, leurs terrasses, leurs toits, s'alignent par gradins, offrant aux tireurs d'excellents points d'appui'. Leurs feux, étages et plongeants, peuvent cril)ler (le là presque impunément l'autre l'ive presque nue, où seuls, le groupe de maisons solides du faubourg de Revellino et des rideaux de saules et de hauts peupliers, pouvaient abriter, faiblement, les masses autrichiennes qui, déployées, se seraient offertes comme une cible vivante.

Au clair soleil de cette journée printanière qu'obscurcissait seule la fumée des canons, les grenadiers et carabiniers se reposent dans la ville basse. Bonaparte, au milieu d'eux, parcourt les rangs, haranguant, exhortant ou raillant les soldats, communiquant à tous la flamme ardente qui le dévore*.

1. Marmont, p. 173, prétend fpic les remparts de Lodi très élevés n'étant pas terrassés dans la partie voisine de l'Adda, il n'y avait aucun moyen de s'en servir pour fusiller les Autrichiens. Ce n était pas un dlistaclc insurniontalile pour les tirailleurs français qui pouvaient user d'échelles; à défaut l'es uiurailles d'ailleurs ils pouvaient utiliser les toits et tendisses des maisons qui voient jiar-dessus les remparts.

2. Carlo Botta, p. 420, met dans la houihe cle Boiiapaite une amplifioation de rhétorique, dans le prciire des harangues des consuls romains dans Tite-Live. « La victoire appelle la victoire. Vous êtes ces mêmes liraves qui avez gagné tant de batailles, défait tant d'armées, forcé tant de murailles. L'ennemi vous cr.iint puisqu'il se retire derrière les fleuves. Croit-il doue, ce Beaulieu, tant de fois vaincu, (jne le court trajet d'un pont puisse arrêter les républicains français? Vain calcul, inutile espérance! Vous avez franchi le Pô, roi des fleuves, vous arrêterez vous devant l'humble Adda ? Ce dernier péril surmonté, la riche Milan est à vous. Chai-goz donc franchement, soutenez votre nom de soldats invincibles. La République vous regarde, et réconqjensera vos fatigues; le monde entier vous observe, et s'épouvante au bruit de vos victoires. C'est ici qu'est la conquête de l'Italie; c'est ici que vous .dlez imprimer au nom français le sceau de l'inimortalitê. » Il est au moins ihuileux que les exhortations de Bonaparte aient revêtu cette allure pompeuse et apprêtée.

Quant au c' Graham, p. 2:28, il imagine que Bonaparte tit appeler auprès de lui

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Il excite habilement leur amour-propre, les pique, en disant qu'il leur ferait bien passer le pont, mais qu'ils s'amuseraient à tirailler et qu'alors cela n'irait pas. Lorsqu'il pense les avoir amenés au degré d'excitation nécessaire, il les forme, les amène à la porte et lance enfin la fameuse colonne'.

Vers 5 lieurcs du soir*, on signale l'approche de Cervoni à la tôte de la première colonne de la division Masséna; Bonaparte estime que Beaumont a dû passer le gué, et que sa démonstration doit être sur le point d'inquiéter la droite autrichienne; il juge que le moment décisif de l'attaque est venu et il ne diffère plus de l'ordonner^.

Masséna et Dallemagne forment en colonne serrée, sur l'esplanade qui va de San-Giacomo à la porte d'Adda'', les bataillons de grenadiers et de carabiniers. Dupas, chef du 2" bataillon de carabiniers, formé des robustes savoyards des 27" et 29° légères, revendique et obtient l'honneur de prendre la tète. Au signal donné, un peu avant 6 heures ^, la porte s'ouvre et la redoutable colonne, par un simple mouvement de conversion à gauche, se trouve hors des murs, à l'entrée du pont. Le feu de l'ennemi s'est ralenti; celui des batteries françaises redouble, sur l'ordre de Sugny, pour préparer l'attaque.

SCS ïùnOraiu pour leur faire part de ses projets (ce fpii était peu clans ses bnliiturles) et que sa l'ésolution de forcer le pont y fut jiéru'ralenieiit désapprouvée. Boiia|iartc ])crsista, et assembla « un conseil de greiiadii'rs » au(|uel il adressa un discours véliémeiit f|ui décida l'attaque. Ainsi que le fait remarquer le traducteur de l'ouvrage du c' Graliam, « nous ne comprenons pas ce que l'auteur entend par uu conseil de r/reii ailiers ». Il semble que le colonel anglais prèle à Conapai'le un rôle aussi insolite qu'inc(unpréliensible.

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