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5. Mémoires de Masséna, p. 65. Bonaparte ne parle que d'une demi-heure de canonnade. Le capitaine Sauvy, le lieutenant Nouvellier, le sous-lieutenant Kuntcr, de la 75*, furent grièvement blessés, le 23 floréal (12 mai) à l'attaque du faubourg (Historique, registre des pertes n» 595 ; .Arch. G.).
6. Le c' Riistow, p. 137, place à tort au 13 mai la capitulation de Pizzighettone, que Clausewitz suppose, à tort aussi, avoir eu lieu le 11 mai. Bonaparte, dans l'ordre du jour du 13 mai (Arch. G.), expose que « la place de Pizzighettone se trouvant entourée, fut attaquée avec l'impétuosité ordinaire des républicains ». Dans la Relation (14 mai; Arch. G.), il dit que l'ennemi n'eut pas le temps de retirer les troupes et l'artillerie de Pizzighettone, — ce qui est faux, puisqu'il ne prit qu'une arrière-garde — et fpie la place fut n entourée et tellement canonnée qu'au bout d'une demi-heure, elle se rendit à discrétion. La garnison forte de plus de 400 h., toute l'artillerie et les magasins sont restés en notre pouvoir. » Autant de mots, autant d'exagérations ! 11 semble à le lire que Bonaparte se soit emparé d'une quantité de canons et de magasins immenses.
La cavalerie de Beaumont continuait, pendant ce court investissement de Pizzighettone, sa chevauchée vers Crémone. C'était une grande ville, de 13 à 16,000 habitants, à une petite portée du Pô, dont la largeur, le cours inconstant et les eaux rapides rendent la traversée en barque lente et pénible. La ville, où, en 1702, Eugène de Savoie surprit et prit Villeroy, sans pouvoir toutefois garder Crémone, très étendue, longue, aux rues étroites, renfermait de nombreux couvents, d'anciennes maisons et d'antiques églises; les remparts étaient encore debout, mais les dehors détruits en entier et très effacés '. Aux avancées de cette ville, la cavalerie de Beaumont se heurta à des escadrons de hulans qui, jugeant ces cavaliers harassés de fatigue, tombèrent sur eux sabre au poing, enfonçant trois pelotons, tuant ou blessant plusieurs hommes, capturant le chef d'escadron Cuoq ^, semant le désordre dans leurs rangs. Le 1° bis hussards, qui formait la tête et faisait déjà demi-tour, s'arrête à la voix de ses officiers et fait volte-face. Le sous-lieutenant Desvernois crie d'une voix de stentor : « Face en tête ! Chargeons ! « et il se précipite sur l'ennemi qui, déconcerté, fuit à toute vitesse. Suivi d'un seul de ses hussards et d'un maréchal-des-logis-chef du 10° chasseurs, il arrive jusqu'aux portes de Crémone où des centaines de spectateurs étaient accourus pour être témoins de cet engagement de cavalerie.
« Amis! de l'audace, en avant et rin tin tin ! » s'écrie Desvernois, et il se jette dans la ville qu'il traverse d'une extrémité à l'autre jusqu'à la porte de Mantoue qu'il trouve fermée, faisant en route deux hulans prisonniers. Il avait mis pied à terre et s'apprêtait à ouvrir la porte pour courir sus à l'ennemi, lorsqu'un émigré lui fait apercevoir, arrêtée à vingt-cinq pas, hors la ville, toute la colonne de hulans. A cette vue, comprenant que ce serait folie d'aller plus loin, Desvernois rentre dans Crémone, où il voit venir à sa rencontre les magistrats de la cité en cortège, entourés d'une partie de la population, qui acclame les Français. Après un court compliment en français, ils offrent à Desvernois, « sur un plateau recouvert d'un tapis de brocart frangé d'or », les clefs delà ville et des rafraîchissements. On vitsortir alors d'une maison le comman-