‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 498 sur 622 · Ordre au p'' Mrnard, 13 mai (Arcli. G · texte numérisé non relu

Ordre au p'' Mrnard, 13 mai (Arcli. G

4. Elle no comptait que 2-J5 h. et 30 fusils Sérurier à Borthier, 13 mai, Arclj. G.).

5. Ordre à la 14« domi-hrigade do rester à Plaisance pour le service de la place (Arch. G., 10 mai. Registre G 23/35).

6. Ordre à Sérurier, 13 mai (Arch. G.I. « Il fera toutes les disjiositions nécessaires pour que tout ce (pii lui arrive de Panne lui supi)Ose dos forces très considérables. Il gardera avec lui toute sou artillerie qu'il placei'a dans le lieu le i)lus cunvcuablc. »

7. Bonaparte à Fcrdinandi, 13 mai (Arch.G.). « J'ai reçu la ratification, etc. Je vous envoie le g»' Cervoni alin que vous puissiez régler avec lui tous les détails... Vous lui forez remettre, dans la journée de demain, les 500,000 livres qui doivent être payées dans les cinq jours ; il recevra également les chevaux », etc.

8. Bonaparte à Cervoni, 13 mai (Arch., G). Cervoni était accompagné du capit"" Frcsnel, du 5» dragons ; d'un inspecteur des charrois d'artilleiie, 2 chefs de division, 14 brigadiers et 3 ou 4,000 charretiers ; d'un inspecteur des vivres-viande avec les hommes nécessaires pour recevoir 2,000 bœufs; d'un insi)ecteur des vivres-jiain et d'un inspecteur des foui'rages pour recevoir les denrées de ces deux services.

Il (lovait choisir les chevaux, envoyer ceux de trait pour l'artillerie à Lodi, au citoyen rhévcniii ; ceux de troupes à cheval à Pavie ; ceux d'officiers a .Milan ou bien là où se trouverait le quartier général. Les bœufs devaient être envoyés à Albenga y l'ornier un parc pour l'hiver ; le blé à Tortone et de là à ÎSice. Il devait v(;iller a ce (pie les chevaux et bœufs une fois choisis on ne puisse plus les changer, et prévenir tonte dilapidation de fonds.

Kn cas do retard, il devait aviser le g»' en chef et un corps de troupes passerait aussitôt clans le duché de Parme, « pour le traiter comme pays conquis ».

aux 1" et i" divisions (Ménard et Sérurier), leur incomba exclusivement pendant plusieurs jours. Seules, les divisions Augeroau et 3Iasséna (îâ" et 3") durent, sous leur protection, exécuter sur Pavie et sur Milan la marche triomphale que la victoire de Lodi pronostiquait et qui devait être à la fois le couronnement et le gage de cette victoire.

La cavalerie de Kilmaine, postée pour la plus grande partie à Lodi', avec une demi-brigade d'Augereau, y consolidait le lien entru les divisions agissantes et celles demeurées immobiles en position d'expectative* et y protégeait le parc d'artillerie qu'y établissait le général Dujard' sous la direction de Faultricr.

La division Masséna, sur ces entrefaites, était revenue, parla rive droite de lAdda, de Pizzighettone sur Lodi, où son avantgarde, sous le général Joubert, se portait immédiatement « à quelques milles sur la route de Milan *». La division Augereau, appelée subitement, le 12, de Lodi sur Crema et Pizziglicttone^, avait été non moins soudainement arrêtée dans son mouvement à Rivalta Vecchia, et comme elle s'y trouvait en territoire neutre, elle éprouvait pour sa subsistance de grandes difficultés «. Elle l'ut rappelée sur Lodi, plaça l'une de ses demi-brigades en avant du pont sur la rive gauche de l'Adda, et avec les trois autres, ne gardant que deux pièces de 8, elle se dirigea, ainsi allégée du poids de son artillerie, sur Pavie, y planter le drapeau de la France et s'emparer de tous les magasins, vivres et munitions qu'on présumait considéiables dans cette grande cité '.

l. D'apri's l'ordre Ju jour de Bcrthier du 13 mai (Arcli. G.), il y avait quatre n';frimeuts de cavalerie, les 7» bi.'i Uussards, 10» et 22° cliasseurs, 'iH' drairous, à IMzziyliettoiie et à Crémone ; sept régiments a Lodi, dont les 24- et 25° chasseuis, 5° el lo« dragons.

2.' Ordre à Kilmaine, 12 mai (Arcli. G.). Son aide de camp, Villard, fut mis en prison pour n'avoir pas porté au général les ordres dont il était chargé (Bertliier à Villard, 13 mai, Arcli. G.).

3. Ordre au g«' Dujard de rassembler le parc d'artillerie à Lodi, en faisant rentrer l'artillerie de montagne des différentes divisions (tout en laissant à Pizzighettone, avec un officier et placées en position avantageuse pour défendre l'entrée de la place du ciité de Crémone, les quatre jiiéces conquises la veille) ; de compléter les attelages, de faire arriver le plus de munitions possible, et enlin de réorganiser l'artillerie divisionnaire de façon à ce qu'il y eût une division « entièrement composée d'artillerie autrichienne prise sur l'ennemi » (13 mai, Arcli. G ).

4. Ordre à Masséna, 13 mai (Arcli. G.). Sa division était augmentée de la 2j» demibrigade (alors 84°) avec Rampon.

■S. Ordre à Augeieau, 12 mai (Arcli. G.); il devait retrouver en route la 18» (alors 69») qu'on avait distiaite, le 11, de sa division.

G. Augereau à Bonaparte, 13 mai (.\rcli. G.). « Je marchais hier sur Pizzighettone; arrivé à Kivolta Vecchia (lire Rivalta) un adjoint m'apporte l'ordre de m'arréter,. . . c.,et j'attends des ordres. »

7. Ordre à Augereau, 13 mai (Arch. G.) «. .. il enverra a:i pare d'artillerie, à Lodi le reste de son artillerie. . . Il est le maître de régler sa marche, ainsi qu'il le jugeia convenable... 11 u'aura point de tioupes à cheval, u

5513 BONAPARTE EN ITALIC

Le moment approchait d'ailleurs où la marche sur Milan ne devait plus être pour Bonaparte une simple salisCaction d'amourpropre, ni même un acte d'une grande portée politique, mais une arme et une assurance contre le mécontentement du Diivctoirc, qu'il sentait poindre à l'horizon. C'est en cITet àl'lieui-e où l'étoile de Bonaparte s'élevait si brillante au firmament que, par une singulière coïncidence, s'amoncelaient les premiers nuages, gros de tempêtes, entre lui et le Directoire, et qu'ils allaient fondre sur lui, en pluie d'orage, noyant la joie et lorgueil juvéniles de ses succès. C'est le 13 mai, trois jours après Lodi, deux jours avant l'entrée à Milan, que Bonaparte reçut à son quai-tier général de Lodi, le courrier qui lui apportait la longue lettre du Directoire, partie de Paris le 7 mai, le jour même où l'armée opérait le passage du Pô, lettre où s'exhalaient enfin, en termes vainement atténués, l'inquiétude et la sourde colère des piteux gouvernants du Luxembourg, afl'olésen se voyant désobéis', en voyantperccr les premiers rayons de cet astre dont l'éblouissante lumière allait faire pàlir leur terne et mince prestige

C'est Carnot cette fois qui tient la plume, comme si son nom pouvait ajouter quelque poids à la mercuriale du Directoire. Si, devant l'éclat des victoires de Bonaparle et l'immense sensation qu'elles causaient par toute la France, il n'avait pas osé témoigner ouvertement sa désapprobation, le Directoire n'en avait pas moins gardé un vif ressentiment des procédés, des façons cavalières du jeune général ; les éloges, parfois hyperboliques, de Saliceti, n'étaient pas parvenus à amortir le coup. Il donnait enfin libre cours à sa mauvaise humeur, à ses rancunes.

Si, dans le préambule de cette lettre écrite au lendemaiu de Mondovi et de Cherasco, Carnot se croit obligé de débuter par des phrases élogieuses, plutôt destinées à « dorer la pilule «finale; s'il rend hommage, un peu du bout des lèvres à ce qu'il semble, aux « éclatants services » rendus à la patrie; s'il approuve l'ar-

\ . Si l'on s'en tient aux termes de la réponse de Bonaparte : « Je vecois a l'iiifilant le courrier parti le (18 tlorOal) de Paris », c'est sciilenieiit le 14 mai que Bonaparte cinrait reçu la semonce directoiiale et il y aurait répondu le jour même. I es courriers mettant six jours pour venir de Paris à Lodi, il est présumaitle cei)endant que c'est le 13 que Bonaparte lut la lettre du 7 mai ; il s'accorda une nuit de rétlexiou pour y répondre. Lee' Riistow, p. 137, estime comme nous que Bonaparte reçut la lettre du Directoire le 13 mai qu'il qualiDe de « jour désagréable ».

mislice conclu avec le roi de Sardaigne, armistice sur lequel, il le reconnaît, Saliceti a d'ailleurs été consulté; si enfju il rappelle au généi'al qu'il lui reste « des lauriers à cueillir », on sent, derlièrc les félicitations assez banales qu'elle contient, percer un mécontentement profond '.

Tout d'al)ord, le projet, si complaisammentetenthousiastcment caressé par Bonaparte, de porter la guerre enTyrol, puis d'accom- ])Iir en Bavière sa jonction avec l'ai'mée du Rhin, ce projet ne trouve pas grâce aux yeux du Directoire, et l'on ne peut mécoiinaîlre la justesse des réflexions qui font rejeter un plan, àd'autrcs égai'ds '< digne des Français et de l'armée ».

C'était bien moins par effroi des grandioses mais hasardeux ])rojets de Bonaparte que par ombrage de ses allures de plus en l)lus indépendantes et même dominatrices, do la popularité soudaine que lui donnait dans la France entière l'auréole de la victoii-e. que le Direcloii-c. que Carnot se décidaient à lui rogner les ailes et à le cantonner dans une besogne dont on délimiterait rigoureusement le but, la portée, l'époque et les détails d'exécution.

Mais, par une contradiction étrange, alors qu'il condamnait si formellement, si judicieusement la marche onïyrol, chimérique el périlleuse, Carnot entendait imposer un système bien autrement absiu'de et dangei'eux dont la conception serait de nature à « mettre en doute la solidité du jugement de Carnot* » si derrière ces ])ropositions inacceptables on ne percevait le cauteleux désir de provoquer la démission du général Bonaparte qu'on n'osait i-emplacei' sommairement après de tels triomphes.

Si l'invasion du Tyrol présentait aux yeux de Carnot « des obstacles majeurs et des difticullés pour ainsi dire insurmontables » qui ne laisseraient guère concevoir de « retraite honorable en cas d(! revers », que penser et que dire du plan que le Dii'ectoire entendait imposer à Bonaparte? Chasser les Anglais du port de Livourne où ils régnaient par contrainte; les expulser de la Corse où ils s'étaient glissés par la trahison de Paoli, c'était assu- ]'ément œuvres louables, propres, la seconde surtout, à séduire le général Bonapai-te qui, moins que personne, en contestait l'utilité et les avantages. Mais lui enlever le commandement de la plus forte moitié de son armée pour la confier à Ki>llermann, et ne lui laisser que l'autre parcelle si réduite, montraitbien le véritable but que l'on poursuivait, en lui imposant un plan inaccep-

1. Le Dirertnii-i' cxiy,ulif au frOni'i-iil en eliol' de rarmrc d'Italie ; 18 floré.il an IV {1 niai l''J()) ; lettre siu:iiée Je ("aiuot. On lu lira au t. VUl de Joniiui, p. 363 a 373.

Page 1