‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 512 sur 622 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

15 mai 1796 [26 floréal An IV).

I. Milan, la ville licurouse. — II. Lo réveil. — III. Le parti fr.ineais. — IV. L'arcliiducgouverneiir; sa fuite. — V. La f/iuiila, les décurioiis et Melzi. — VI. Les Jacobins; Salvador. — VII. Entrée de .Masséna. — VIII. Entrée triomphale de Bonaparte. — IX. Entliousiasmc et joie populaires. — X. La Eète des Victoires. — XI. Blocus du Castello. — XII. Le pillage du Mont-de-Piété. — XIII. Les dames de Milan. — XIV. Bonaparte, Berthier et la Grassini. — XV. Le ténor Marches!. — XVI. La Société Populaire. — XVII. Agitateurs italiens ; l'esprit public à Milan. — XVIII. Réquisitions et contributions. — XIX. L'astronome Oriani. — XX. Renouvellement des autorités lombardes. — XXI. L'Agence militaire. — XXII. Nouvelle municipalité (le Milan. — XXIII. Le duc Scrhelloni. — XXIV. Despinoy, le « Général vingtquatre heures ». — XXV. Armistice avec Modène. — XXVI. Résistances et désordres. — XXVII. Tableaux et objets d'art ou de science. — XXVIII. Saliceti vexé. — XXIX. Paiement de la solde arriéiée. — XXX. Réorganisation de l'armée. — XXXI. Marche contre Beaulicu ; inaction des armées du Rhin. — XXXIl. Proclamation de Bonaparte.

« Cette jeune armée, qui venait do passer le pont de Lodi et d'apprendre au monde qu'après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur * », allait donc paraître à Milan. Milan, la ville heureuse, où félicitas, et facilitas rimaient et s'accordaient si agréablement, réservait à ses vainqueurs un de ces enthousiastes et chaleureux accueils, un de ces coups de folie populaire qui remuent, soulèvent, enfièvrent les foules, les entraînant dans un tourbillon d'intense et débordante allégresse.

Ce n'est pas que Milan, dans son ensemble, fût alors portée beaucoup plus que les autres cités d'Italie, à adopter les idées françaises, les idées révolutionnaires. Une élite seule, mais une élite plus nombreuse que dans toute autre ville, une élite prise surtout dans l'aristocratie et la haute bourgeoisie, dans ces classes qui font l'opinion et la dirigent, y entretenait secrètement le feu sacré de

Page 1