O Uustbw, p. 144; Cusani, t. IV, p. 392 et
Masséna,on l'a vu, aVait fait observer les rues et avenues qui conduisaient au château. Il avait en outre fait arrêter les diligences prêtes à partir; prescrit la fermeture des boutiques'. Bonapai'le commença par sommer le gouverneur de se rendre : « Vous êtes cerné et hors d'état de faire une longue défense, votre armée a repassé le Mincio; toute résistance que vous feriez serait contraire aux véritables droits de la guerre. La ville de Milan, qui doit vous intéresser à tant de titres, se trouverait compromise, si vous vous obstiniez à garder plus longtemps le fort. Le général en chef vous somme de le remettre aux troupes de la République; autrement il vous rend responsable de tous les malheurs qui pour- ]-aient affliger cotte grande et belle cité, et il ne vous admettra à aucune capitulation*. »
Cet appel à ses sentiments milanais n'émut en rien le colonel de Lamy, pas plus que la menace finale, renouvelée des procédés dont on avait usé à l'égard de Cosseria, de Ceva et de Cberasco, ne le troubla. Il répondit qu'il ne rendrait la place que contraint par la force ^.
Le général Despinoy, nommé commandant de la place de Milan, fut chargé de diriger les travaux du siège du Castcllo, sous la direction supérieure de Masséna, qui reçut à cet effet les instructions les plus précises et les plus minutieusement détaillées*.
On ne pouvait aller plus vite. Le chef du génie, Chassclonp, se faisait bien fort d'emporter la citadelle en quatorze jours, si on lui donnait lo,000h. et trente-six pièces '^■, il répondait même d'en assurer le blocus, avec seulement 5,000 h. Mais on n'avait pas d'artillerie de siège ; il la fallait faire venir de Tortone où l'on prescrivit l'envoi de quarante bouches à feu de calibre ". En les attendant on se borna, pour l'instant, à fermer par des épaulements en tonneaux toutes les rues ou issues conduisant de la ville au château. Chasseloup et Dujard faisaient, en bâte, fabriquer gabions et sacs à terre, saucissons, claies et fascines; pressaient l'arrivée des munitions; réunissaient les outils; créaient le parc de siège de façon à précipiter l'attaque que Bonaparte exigeait très prochaine.