‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 531 sur 622 · Ordre à Uujard, 16 mai (Arch. G · texte numérisé non relu

Ordre à Uujard, 16 mai (Arch. G

On ouvrit môme la tranchée devant le château, de façon à le resserrer le plus possible et à ne pas en être éloigné de plus de GOO toises ' .

Un compromis survint d'ailleurs, deux jours après, le 18 mai, et l'on consentit à accepter la proposition du gouverneur autrichien de s'engager réciproquement à « respecter la ville de Milan et à ne commettre aucun acte d'hostilité de ce côté*».

Bonaparte ne pouvait admettre que « ce vilain fort'», « ce misérable château*» , ce vieux bâtiment du moyen âge, à forme hexagonale, avec ses tourelles et ses créneaux, ses larges douves, pittoresque sans doute, mais démodé, pût opposer malgré sa triple enceinte, une longue résistance aux engins modernes. Il lui fallut déchanter et ce n'est que le 29 juin 1796, après plus d'un mois de siège, que le Castello de Milan opéra sa reddition. Bonaparte jouait de malheur avec les « bicoques » qu'il méprisait par trop. Cosseria et Milan le lui prouvèrent, comme plus tard Saint- Jean d'Acre.

D'autres préoccupations, plus basses, animaient aussi alors les généraux de Bonaparte. A peine à Milan, Masséna et Saliceti firent main basse sur le Banco di San-Ambrogio, créé en do93, qui renfermait 100,000 écus, et sur le Fondo di Beligione. Ils firent conduire au Broletto tout ce qu'ils purent ramasser d'argent. A ceux qui s'indignaient de cette spoliation, Masséna répondit effrontément : « Vous croyez peut-être que j'ai lait campagne pour ne pas avoir la récompense de mes fatigues ^ ! »

Au palais Mellerio, Masséna réquisitionna des chevaux de selle tout harnachés et se fit verser le contenu de la caisse de l'octroi, environ un demi-million. Deux jours après, les agents militaires, éperonnés par Saliceli, raflèrent d'un coup toutes les caisses publiques, y compris celles de l'hôpital, des associations et fondations charitables et des congrégations religieuses*'.

AuMont-de-Piété où étaient er.tassées des richesses considé-

i. Ordre au commandant du ^vn\e. 16 mai (Arcli. G.).

Page 1