Cusani, p. 387 et
rables V Fcsch, le futur cardinal, et le fournisseur CoUot dérobèrent une quantité énorme de vaisselle d'or, d'argent, de joyaux, de pierres précieuses et de bijoux. L'établissement était une sorte de caisse d'épargne^, avant la lettre, où, à côté d'objets des pauvres ménages, les familles de l'aristocratie lombarde déposaient leurs trésors de famille afin de former une réserve pour constituer des dots au moment du mariage de leurs filles, ce qui explique l'affluence de diamants et de bijoux qu'on y trouva. On en emplit vingt-deux caisses que le garde-magasin Carcano dut livrer au commissaire des guerres Bonnal -. Toutefois Saliceti fit restituer gratuitement tous les gages sur lesquels on avait prêté moins de 100 francs ; moyen facile de fermer les yeux du petit peuple et de se concilier ses bonnes grâces ^. Estimant en outre qu'il ne pouvait traiter le contenant autrement que le contenu, Saliceti occupa sans façon le bâtiment qu'il transforma en magasin militaire, au grand scandale des Milanais, le palais étant propriété de l'institution du Mont-de-Piété et non celle de l'État \ Les gages qu'on y déroba appartenaient-ils davantage à l'État?
On vola partout d'ailleurs, et comme l'écrivait Dupuy, le chef delà SS-^ : « Ici, tout le monde vole ^ » On réquisitionna !2,000 chevaux, toutes les armes, pour plus d'un million. On remettait bien des « bons >3 en échange, mais quand les propriétaires voulurent en toucher le montant, on leur répondit insolemment que la République ne remboursait pas les objets de luxe, provenant des riches 'K
Au Mont de Marie-Thérèse, enfin, on brisa les scellés pendant la nuit et on emporta la caisse qui contenait 872,000 francs, et un dépôt de soieries qui fut vendu aux enchères pour 40,000 francs \
« Jamais armée plus brutale et plus rapace n'était descendue en Italie, depuis les Lansquenets ^w Bonaparte déplorait ces dilapidations, « dont l'éclat fâcheux ternissait la réputation de
\. Le bruit courait ([ue le seul prince de Belgiojoso y avait déposé, tant en diamants qu'en argenterie, pour plus d'un million de lire milanaises (Cusani, p. ;iS8, note 2, d'après Beccatini). D'après Felice Calvi, le total des gages aurait I)ourtant été de 69i,4'J'J francs seulement.
2. « Etat des edets ((ue le garde-magasin du Mont-de-Piét6 de Milan a délivré le 2 prairial (21 mai) aux Français » signé: Giuseppe Carcano; remis à BonaIe(?) commissaire des guerres; à Fescli et Piui'rc CoUot, ayant pouvoirs du gouvernement et a Lé[iine aine, payeur de la Guerre ; le tout se montant à vingt-deux caisses (Ari-li. N.; série AF lU, carton -185; liasses 849 à 8o3. Fonds de la Secrétaii'eric d'Etat^. Ce Carcano est peut-être l'ancien olilat dont il est question plus liaut, p. U70.
3. Avis du 29 mai; extrait des Allivfpclali (Cusani, p. 388, note 3) ; le remboursement se lit dans la première quinzaine do juin, non sans incidents.