‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 542 sur 622 · Molli, p · texte numérisé non relu

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les femmes scandalisées, ainsi qu'il advint à un certain Angiolini, dans un petit village auprès de Milan '.

Bonaparte et Saliceti paraissaient néanmoins fort satisfaits de la marche de Fesprit public à Milan, soit qu'ils se lissent des illusions à n'examiner que la surface, soit qu'ils voulussent s'en faire. Bonaparte écrivait au Directoire : « Milan est très porté pour la liberté ; il y a un club de 800 individus, tous avocats ou négociants. . . ce pays-ci estbeaucoup plus patriote que le Piémont; il est plus près de la liberté -. » Saliceti, renchérissant, disait: « Si les Français n'ont trouvé que froideur, apathie, indifférence, jgnox-ance et servilité en Piémont, à Milan ce fut une fête pour le peuple qui paraît pénétré de ses droits et a reçu les Français avec empressement et cordialité *.»

En étaient-ils l'un et l'autre aussi convaincus qu'ils l'avançaient? Il est permis d'en douter, puisqu'ils ne laissaient à la garde urbaine que GOO fusils sur les 3,000 que possédait Milan*.

Cette ferveur, cette exubérance des premiers jours, cette effusion si vive qu'elle recouvrait la bouderie et cachait les trames des classes privilégiées inquiètes du lendemain, allaient être soumises à une rude épreuve et les contributions levées sur le pays devaient faire l'efl'et d'une douche d'eau glacée ^ sur les sentiments patriotiques des Milanais.

Ce n'était plus seulement à .des lilouteries individuelles, à des confiscations plus ou moins autorisées, telles qu'en firent Saliceti etMasséna, que le peuple milanais ébahi allait assister, mais à une vaste mesure de confiscation officielle. Les Italiens qui s'étaient bercés jusqu'alors de l'espoir que les Français ne les avaient délivrés que pour leurs beaux yeux; que pour eux seuls, ils avaient franchi les Alpes, exposé leur vie*', commencèrent à déchanter. La proclamation « Au peuple de la Lombardie »,

1. De Castro, p. 94, d'apios le Diario deWino\a. Angiolini se plaignit auxautoritOs françaises oui lui oflrircnt fl'ontrrlnnir un piquet de soldats pour garder son arj)re mais à ses propres frais ; Angiolini y renonça.

2. Bonaparte au Dirtcloire, 17 mii (Arch. G.). Et à Lalloment, ministre à Venise il écrivait, le munie jour : « II y a .^ Milan beaucoup de dispositions pour y créer une révolution >> (Arch. G.).

3. Saliceti au Directoire, 18 mai (Arch. G.) i. Ordre au ;."' Dcspinoy, 16 mai(.Arcb. G.).

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