BrolTeiio : / miei ieiirpi
qui lui incombaient, entendait pourtant s'en reposer sur Despinoy pour toutes ces besognes d'ordre et de police où celui-ci se complaisait. Bonaparte et Saliceti durent souvent tempérer les exagérations de Despinoy, réfréner ses appétits, et stimuler en même temps son zèle militaire assez tiède.
Entre autres questions qui attendaient de Bonaparte leur solution, il en était une que le général laissait, malicieusement, avec intention, languir. Obsédé, depuis la veille, de l'entrée à Milan par le plénipotentiaire du duc de Modène qui s'était, on l'a vu, abaissé jusqu'à caracoler dans son cortège, il avait, depuis lors, tenu en suspens, malgré ses supplications, le com.mandeur Frédéric d'Esté, anxieux d'une réponse, au sujet de l'armistice qu'il implorait au nom de son souverain. Il eut enfin pitié du négociateur et cédant à ses prières, consentit à discuter les conditions. Mais, pour être tiré dincertitude, l'ambassadeur ne fut pas plus favorisé. Son souverain, le vieil avare qui étalait sur le trône de Modène la triste décadence de la vieille dynastie d'Esté, s'était, au premier bruit de l'arrivée des Français, envolé à Venise *, laissant la régence du duché à son premier ministre, le comte de Saint- Roman. Il avait, dans une proclamation bouffonne à ses sujets, bien pesé, disait-il, dans la balance de la prudence, la critique situation présente et, envisageant ses devoirs de prince, il estimait que le meilleur était de soustraire aux coups sa très sérénissime personne, comme l'avait fait son aïeul*. Il emportait dans sa fuite ses trésors qu'on évaluait à des sommes immenses, plusieurs millions de sequins *. Est-ce à cause des richesses qu'on lui supposait qu'il fut fortement taxé ? C'est assez pi'obable, car Lallement, ministre de France à Venise, avait, dès le 14 mai, avisé Bonaparte de l'arrivée du duc de Modène à Venise, « avec des trésors considérables », et conseillait de le rançonner; « il s'y attend » et l'on pouvait augurer « qu'il débourserait abondamment* ». Bonaparte se flatta d'en tirer profit. Il s'était montré intraitable pour le duc de Parme, bien que allié à