U. Silvagni, l. H, p
6. On peut lire dans Stendhal, La Chartreuse de Parme, la description du costume de son héros, le lieutenant Robert, lorsqu'il entre dans Milan, sans souliers, avec des empeignes attachées par des cordes; un pantalon de Casimir noisette servant à tour de rôle à lui et à un camarade ; d'autres avaient une paire de souliers pouc trois.
ambulances'. La remonte avait cependant été peu féconde en résultats: on n'avait trouvé que peu et d'assez médiocres chevaux*: les meilleurs étant sans doute soustraits aux investigations ou peut-être déjà volés aux paysans. Il fallut empêcher les réquisitions do chevaux et de voitures, sous peine aux larrons d'être arrêtés et jugés*. Non seulement le soldat était nu, mais souvent mal armé et sans fusil. On distribua à la division Sérurier 2,000 fusils sur les 3,000 qu'on avait saisis à Milan, et dont 600 seulement avaient été laissés à la garde civique; le reste fut versé au parc d'artillerie de Lodi pour parer aux besoins successifs des demi brigades*. En outre, le Directoire faisait partir de Valence 9,500 fusils à destination de l'armée d'Italie =^.
Pour s'assurer de l'effectif présent aux corps et des lacunes de l'habillement, il y eut, le 19 mai, grande revue passée par les commissaires de guerre. Boinod passa la revue des équipages de l'artillerie; Le Play celle des équipages de transport ; Léorat, celle des transports de fourrages et effets. Saliceti pouvait écrire au Directoire que les approvisionnements étaient au complet et que rien ne manquait pour poursuivre les victoires ''.
Il n'y avait pas que l'armement et rhabillemcnt qui réclamassent les soins du général en chef, l'organisation même de l'armée périclitait. La mort de La Harpe, le décousu des marelles, la dispersion des effectifs entre les garnisons, l'arrivée prochaine enfin des renforts venus de l'armée des Alpes ou de l'Intérieur', nécessitaient un remaniement des divisions de l'armée active, de façon à la rendre plus compacte. Bonaparte ne forma plus que trois fortes divisions sous les ordres de Masséna, d'Augereau et de Sérurier, chacune d'elles marchant avec son artillerie*'- L'avant-garde restait en dehors de ces trois divisions,
1. Augcre.iu à Bonaparte, 19 mai; il a reçu 4,000 cliemises, 1,300 paires de souliers, du drap bleu, etc. — Il est vrai qu'à cause des souliers neufs « l'infanterie a les pieds en compote» (Kilmaine à Berthier, 23 mai, Arch. G.). — Les divisions Masséna, Augereau, Sérurier reçurent chacune 1,000 paires de souliers; l'avant-garde, ijui avait usé davantage en raison des marches forcées, en perçut 2,000 paires.
2. Masséna à Bonaparte, 29 mai (Arch. G.) : « J'ai reçu 10 chevaux, mais ils sont si beaux qu'aucun général n'en veut ; ils paraissent morveux. Je vais en donner au commandant Giuseppi et aux autres chefs de bataillon ; on renverra le reste. »