Voir page 431, note
etc., etc. — Le colonel Costa, dans son récit, indique le 26 à 2 liciires après-midi pour son propre départ. Malausséna, sans parler d'heure, dit également le 26 uvril. — Le colonel Krcbs, p. 435, note d, constate jusipincnt que le colonel Costa se trompe en parlant du 26, et qu'il a voulu dire le 27, mais le colonel Krebs se trompe à son tour en croyant à une erreur de Bonaparte lorsque celui-ci date sa lettre du 27 avril, et en préférant s'en rapporter à la date du 26 indiquée dans le manuscrit Malausséna, parce qu'il estime qu'entre le 27 avril, 2heures du matin, et le 27 avril, 2 heures après-midi, il n'y a pas eu matériellement le temps nécessaire pour Bonaparte de lire la lettre et d'y répondre, ni le temps pour l'aide-de-camp de retourner à Turin, pour le roi et le Conseil de déliiiérer, pouj' l'aide-de-camp de revenir à Carmagnola, et pour La Tour et Costa de revenir à Cherasco. De tous ces témoignages contradictoires, deux cependant nous semblent devoir être mis hors de toute contestation possible parce qu'ils émanent des acteurs les mieux en position de savoir et qu'ils sont contemporains de l'événement; l'un c'est la date du
27 avril, 2 heures du matin donnée le jour même par Bonaparte au Directoire ; l'autre c'est la date du 26 au soir pour la rentrée de Revel et Tonso à Turin. Or, il est hors de doute que le roi Victor-Amédée ne se résigna à renouveler sa tentative d'armistice qu'après le retour de Thaon de Uevel qui n'eut lieu que dans la soirée du 26 (Pinelli dit même dans celle du 27). Donc, il n'a pu envoyer comme le veut Malausséna, le 26 au matin, l'aide-de-camp de Colli porteur de nouvelles propositions. Il faudrait pour cela admettre que Thaon de Revel est rentré le 25 au soir, et celui-ci, bien renseigné, on peut le croire, dit qu'il ne rentra que le soir du 26.
Voici donc, à notre avis, «l'horaire » des négociations de Cherasco : le
26 avril au soir, retour de Thaon de Revel et Tonso, et envoi, dans la nuit, à Colli de l'autorisation de solliciter de nouveau l'armistice ; le 27 avril, 2 heures du matin, arrivée de l'aide-de-camp de Colli pi-ès de Bonaparte ; on peut fixer son retour vers Colli comme le fait le colonel Krebs, vers 5 heures du malin, puisqu'il vit en marche la division Masséna; le 27 avril, 2 heures après-midi, retour de l'aide-de-camp, de Turin au quartier-général de Colli, rapportant l'ordre du roi de traitera tout prix et désignant le général de La Tour et le colonel Costa, comme plénipotentiaires ; le 27 avril, à 10 heures d/2 du soir, arrivée de ces deux officiers à Cherasco et discussion de l'armistice avec Berthier; le
28 avril, 1 heure du matin, Bonaparte signifie que l'attaque va recommencer si l'on ne conclut pas ; le 28 avril, 2 heures du matin, signature de la suspension d'armes.
L'objection du colonel Krebs sur l'impossibilité matérielle pour l'aidede-camp de retourner de Cherasco auprès de Colli, puis de là à Turin, soit 45 kilomètres environ, et d'en rapporter la réponse du roi après un conseil des ministres, dans le court espace de temps qui sépare le
27 avril, S heures du matin environ, du 27 avril, 2 heures après-midi, subsiste assurément et nous ne nous chargeons pas de la réduire. Estelle irréfutable? Il faut noter que Bonaparte n'admettait pas cette
impossibilité puisque dans cette même lettre au Directoire, il dit qu'il attend la réponse pour la nuit.
Nous ne pouvons supposer que Bonaparte écrivant le jour même se soit trompé sur le jour et sur l'heure ; d'autre part, si le colonel Costa a commis une erreur manifeste sur le quantième du jour, il n'a pas dû se tromper beaucoup sur l'heure où il reçut la mission pénible de se rendre près de Bonaparte, et nous admettons comme rigoureusement vraie les deux heures du 27 avril, 2 heures du matin d'une part, 2 heures aprèsmidi d'autre part. Entre les deux, en douze heures, que se passa-t-il? Nous reconnaissons, avec le colonelKrebs, qu'il est difficilement possible qu'en ce laps de temps aient pu s'accomplir les diverses phases du récit de Malausséna. On a vu cependant, p. 438, note 6, la course du capitaine de Seyssel après la signature de l'armistice. Mais est-il bien sûr que Malausséna n'a pas commis quelque confusion ? Ne confond-il pas sans le vouloir le fameux conseil du 21 avril avec un autre qui aurait eu lieu le 27 à la réception de l'ultimatum de Bonaparte ? Ce serait possible et le roi a parfaitement pu se décider sans consulter cette fois son conseil. Peut-être même n'a-t-on pas eu à courir à Turin lui soumettre l'ultimatum de Bonaparte, et Colli, muni, comme il semble, ainsi que de La Tour, de pleins pouvoirs, ont-ils pu prendre sur eux d'entamer les négociations. Observons en outre que les plénipotentiaires La Tour et Costa n'arrivèrent qu'à 10 h. 1/2 du soir à Cherasco ; qu'ils ont dû par conséquent arriver vers 8 h. 1/2 ji Bra, puisqu'ils y attendirent trois quarts d'heure une escorte, et que dès lors ils auraient mis plus de six heures pour parcourir le court chemin de Carmagnola à Bra; on peut inférer de cette lenteur que peut-être ils ont quitté Carmagnola, plus tard qu'à 2 heures, ce qui allonge le délai accordé à l'aide-dc-camp pour aller à Turin et en revenir. La question est d'ailleurs d'une importance secondaire, mais nous avons tenu, en i-aison des divergences des témoins, à indiquer les motifs pour lesquels nous maintenons la date du 27 avril.