‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 65 sur 622 · G-i Thiéhault, t, 11, p · texte numérisé non relu

G-i Thiéhault, t, 11, p

Bon. s

te BONAPARTE EN ITALIE

chefs d'état-major', «prototype de sa cliargc - », « d'ime exactitude ponctuelle et d'une obéissance passive..., d'une prévoyance si inquiète, si minutieuse, lorsqu'il s'agissait d'un ordre ijnportant, qu'on aurait pu regarder ses précautions comme excessives, si dans plus d'une circonstance, elles n'avaient assuré le succès des opérations '».

Esprit de peu de portée sans doute et caractère indécis, mais intelligence lucide, talent précis, soigneux de tous détails, presque méticuleux, « d'une grande force de tempérament, d'une activité prodigieuse, passant les jours à cheval et les nuils à écrire * », « il suivait son général dans toutes ses reconnaissances et dans toutes ses courses, sans que cela ralentît en rien son travail des bureaux » ». On le vit passer treize nuits sans dormir «. C'était un collaborateur précieux, toujours prêt, jour et nuit.

Ce n'était, à vrai dire, ni un aigle, ni un liommc « d'une nullité comi)lète ^ », ni « au-dessous du médiocre >* ». C'était une de ces intelligences solides, essentiellement subordonnées, « peu propres à commander en chef », plus faites pour interpréter habilement la pensée d'un autre, une fois qu'elles l'ont saisie, que pour concevoir brillamment par elles-mêmes. Berthier n'était qu'un redet, un clair de lune, un miroir, mais incomparable pour sa fidélité, comme ces belles glaces polies et claires où les images se reflètent avec une impeccable netteté.

«Plein d'honneur, de courage et de probité », il exerçait cependant peu d'influence, car « il n'accordait pas avec alTabilité et refusait avec dureté... Son caractère, brusque, égoïste et insouciant ne lui suscitait pas beaucoup d'amis » », Ce n'est pas qu'il fût sans bonté ; son manque de caractère la faisait môme souvent dégénérer en extrême faiblesse et le rendait versatile ; mais c'était une bonté de surface et glaciale, qui ne lui conciliait pas l'alTection. « Fort brave de sa personne, mais tout à fait dépourvu d'esprit, de caractère et des qualités nécessaires au commandement '" », il ne pouvait être que la doublure d'un grand homme. De tels talents, très bornés et très spéciaux, Bonaparte

l. Bonaparte lui rendait alois, à cet *gard, pleine justice : « Talents, activité, courage, caractère; tout pour lui •. Bonaparte au Directoire, 14 août ni)6 (Arcli. G.).

- U. Silvairnî, p. 31u.

H. L'inteiiilaiit Dcuuice, :itéparle g'' Pierroa : Les méthodes de guerre actuelles, t. II, p. 13o0.

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