Frédéric Masson, p
':,. G«i de Marbot, t. III, p. 20.
6. « Actif, infatigable, a de l'audace, du coup d'œil et de la promptitude à se décider » (Bonaparte au Directoire, 14 août 1796. Arch, G.)
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taire et à s'affirmer chef expérimenté autant que valeureux. « La nature l'avait créé général; son courage et sa ténacité firent le reste '. » II ne fallait pas attendre de lui de savantes préparations, des plans soigneusement étudiés et mûris, mais une fois sur le terrain, devant l'ennemi, il se transfigurait et discernait instantanément le point faible de l'adversaire, et les manœuvres qui en devaient avoir raison. Il « ne possédait l'équilibre complet qu'au milieu du feu: illui naissait au milieu du danger '^. » Alors, ses facultés décuplées par l'enivrement du combat le haussaient au rang des plus grands. Nul mieux que Masséna ne possédait le don d'entraîner et de diriger les hommes auxquels il offrait l'exemple d'une éclatante bravoure.
Enfant des âpres montagnes qui entourent Nice', il avait passé sa jeunesse à les gravir dans ses jeux; il en connaissait tous les sentiers, tous les replis. Plus tard, contrebandier*, il s'exerça, maintes fois, à y dépister la surveillance et s'était durci à ce métier dangereux qui stimulait ses instincts de ruse, de dissimulation et de résolution. Tout avait concouru à faire de lui « l'Italien le plus rusé qui ait existé * », et à le revêtir de ce caractère d'opiniâtreté et d'audace qui le distinguait.
Successivement marin, soldat, sous-officier, sans avoir pu décrocher l'épaulettc de sous-lIeutenant "^j il venait à peine de quitter le service, lorsque l'appel des bataillons de volontaires, en 1791, réveilla ses goûts militaires. Adjudant-major dès le début au 2" bataillon du Var, puis l'année d'après, chef de ce bataillon, il était devenu coup sur coup colonel et général de brigade dans le même mois d'août 1793, général de division en décembre suivant, toujours à la suite de quelque exploit.
Depuis trois ans il avait, sans interruption, combattu sur cette frontière des Alpes, si disputée, dans les rangs de cette armée déshéritée que la présence de Bonaparte allait mettre en si haut relief.
Masséna avait alors quarante ans ; « son corps de fer renfermait une âme de feu ; son regard était perçant, son activité extrême ' ».
i. G"' de Marbot, ut supra.