‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 70 sur 622 · M"i Marmont, t. I". p · texte numérisé non relu

M"i Marmont, t. I". p

« Fortement conslitué, infatigable, nuit et jour à cheval parmi les rochers et dans les montagnes... il était décidé, brave, intrépide ; plein d'ambition et d'amour-propre. . . il n'était jamais découragé... Etait-il battu, il recommençait comme s'il eût été vainqueur '. »

De taille ordinaire mais robuste -, sec, maigre, vigoureux, son visage impassible, plein d'expression, ses lèvres minces, son œil investigateur, son sourire narquois, dénotaient une intelligence réelle, doublée de finesse et de fermeté.

Malheureusement Masséna avait toutes les passions viles de l'humanité; il aimait l'argent, le faste, la débauche. « C'eût été un giand homme, s'il n'était pas terni par l'avarice* ; » si un amour immodéré de l'argent et des femmes ne l'avait trop souvent jeté dans de déplorables aventures où avait sombré sa popularité parmi les soldats. Il s'occupait peu de ses troupes en dehors du combat, et celles-ci le lui rendaient, ne l'aimant guère. C'était cependant « un bon camarade^, d'un commerce sûr. . . très rarement il disait du mal des autres * ». Tout convaincu qu'il fût de sa propre valeur '■^, il était trop discipliné pour qu'il résultât de son insubordination, quelque froissement qu'il éprouvât, des incartades fâcheuses pour le bien du service. Aussi était-il pour Bonaparte, ne fût-ce qu'en raison de la considération particulière dont il jouissait dans larmée, un auxiliaire de tout premier ordre qu'il lui fallait s'attacher. Bonaparte étant toujours prêt atout, pouvait admettre, dans certaines limites, chez ses lieutenants du laisser-aller. Il ne risquait rien à le tolérer chez Masséna. Si Masséna n'était que l'homme du moment, du moins « au premier coup de canon, au milieu des boulets et des dangers, sa pensée acquérait de la force et de la clarté ° ». On était assuré de le trouver toujours à l'instant précis où sa haute expérience et son instinct puissant de la guerre le rendaient nécessaire et révélaient .en lui « l'enfant chéri de la Tictoire ».

Tout au rebours de Masséna, Augereau « en avait toujours

i. Napoléon : Campagnes d'Italie.

2. Il est assez diflicile de connaître par les témoignages contemporains la stature de Ilasséna. Le g'' Roguet, (t. I*', p. 167 à 169) le dépeint « grand, svcltc, un peu voûté » ; le g»' Thiébault. qui fut sonchef d'état-major au siège de Gènes, le dit {Mémoires, t. II, p, 29) « de petite taille », et c'est aussi l'avis du g"i Murbot qui l'ut son aide de camp (t. lU, p. 20) et celui de l'historien italien Carlo Botta (jui le \it en 1796, et le dit (t. l", p. 337) « d'une taille au-dessous de la moyenne ". Nous nous en rapporterons plus volontiers au congé qui lui fut délivré en 1789, oii se trouve son signalement qui l'indique comme ayant 5 pieds, 4 pouces, soit 1 m. 75 c, ce qui est une bonne taille (Arch. G.).

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