‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 81 sur 622 · Bonaparte au Directoire, 14 août 1796 ^Arch. G · texte numérisé non relu

Bonaparte au Directoire, 14 août 1796 ^Arch. G

le contraire. Blond, élancé, le nez aquilin, long et busqné, l'œil bleu, fixe et bnllant, bardi, la lèvre inférieure saillanLe ', Garnicr était nn couragenx officier susceptible d'entraîner ses hommes, même ailleurs qu'à l'assaut du château royal où la mitraille des Suisses faucliait leurs rangs*. Il fut bientôt relégué dans un commaudcment territorial, et sa division, la 4% répartie entre les autres.

Quant au général Macquard, qui était à la tête de la 3« division, il n'y aurait qu'à le citer, son rôle n'ayant pas été plus actif que celui de Garnier, si sa mémoire n'avait pas été odieusement défigurée. Le général Macquard , un des plus vieux et des plus braves soldats de l'ancienne armée d'Italie, où il guerroyait sans interruption depuis ITOâ, y terminait alors une carrière sans éclat, mais des plus honorables. «Brave homme, pas de talents, vif», ainsi l'avait équitablemenl noté Bonaparte *. Dans ces trois années de guerre et d'escarmouches, il avait déployé une rare bravoure, et s'était même affirmé par quelques succès*. Aussi, doiton être surpris de voir tracer de ce bon officier, l'inconcevable caricature que voici : « Ce singulier personnage, vérital)le colosse, d'une bravoure extraordinaire, ne manquait pas de s'écrier lorsqu'il fallait charger à la tête de ses troupes : Allons, je vais m'habiller en bête! Il ôtait alors son habit, sa veste, sa chemise et ne gardait que son chapeau empanaché, sa culotte de peau et ses grosses bottes ! Ainsi nu jusqu'à la- ceinture, le général Macard {sic} offrait aux regards un torse presque aussi velu que celui d'un ours »; alors il se « lançait à corps perdu, le sabre au poing sur les cavaliers ennemis, en jurant comme un païen, se précipitait sur eux en poussant des hurlements affreux ; les ennemis se sauvaient de tous côtés, ne sachant trop s'ils avaient affaire à un homme ou à quelque animal féroce extraordinaire ^ ».

1. Son portrait en uniforme de command' existe à la nihiiotlicque Nationale (Cabinet des Estampes), dessiné par Fouquel; gravé par Clirétieu, dans la série dii pliysionotrace.

2. MM. Joseph PoUio et Adrien Marcel, dans leur très intéressant ouvrase : Le Bataillon du 10 Août, se dcmandcMit (p. 404) ce cju'est devenu Garnicr, et ils le supposent tué à Mareiigo ou mort oljscurément à Marseille; ils ignorent également qu'il devint général de division. Où ils ne se trompent pas, c'est lorsqu'ils présument que le vainqueur des Tuileries demeura républicain intraitable, à ce point que, sous l'Empire, il fut mis en surveillance de police.

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