‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 82 sur 622 · Bonaparte au Diicctoire, 1-4 août 1790 (Arch G · texte numérisé non relu

Bonaparte au Diicctoire, 1-4 août 1790 (Arch G

4. Son nom est souvent et honorablement cité dans diverses affaires. Voir notamment les Mémoires du g'i Roguet (t. l", p. 142) où par suite sans doute d'une erreur typographique, le nom est orthographié Mucquait, mais c'est bien du général Macquard qu'il s'agit.

5. Mémoires du g"' de Marbot, t. I", p. 84 et 83. — L'anecdote est assurément jolie et bien contée; elle n'a que le défaut d'être inexacte. Marbot ne s'en tient pas là, et il continue à prêter au g-i Macquard (qu'il appelle obstinément il/«ca«/) les propos les plus extravagants, comme par exemple, lorsqu'il le peint sommant un malheureux capitaine de lui prendre mesure d'une paire de bottes, parce qu'il l'avait vu la veillt»

Il est à peine besoin de signaler l'exagération tout au moins (l'un semblable portrait, dont l'invraisemblance saute aux yeux. « Soldat de fortune », Macquard, l'était assurément, n'étant point de i'amille noble; peu instruit, cela peut être vrai dans une certaine mesure, son ortbograpbe en témoigne; mais delà à le taxer « d'une complète ignorance », à mettre dans sa bouche les propos les plus saugrenus, à l'affubler de tous les ridicules imaginables, il y a loin. Qu'on ne perde pas de vue que Macquard était déjà officier sous l'ancienne monarchie '.quoique roturier, et l'on sait que pour parvenir alors à l'épaulette, sans être noble, il fallait faire preuve d'un mérite double de celui qu'on exigeait, et la bravoure n'était pas tout".

Macquard était, comme beaucoup d'autres officiers de celte époque, arrivé trop tard aux liants grades pour avoir pu en acquéi'ir toutes les qualités, plus soldat que général sans doute, mais brave soldat, « homme d'honneur et de probité' ». Si avec ses cheveux noirs et ses yeux gris, son visage rond et plein, ses marques de petite vérole*, Macquard ne réalisait pas le type de l'ofOcier élégant, il s'en faut que ses camarades, ses soldats aient pu voir en lui le soudard grotesque qu'on a voulu peindre et qui, s'il eût existé, ne serait pas resté vingt-quatre heures à l'armée,

mesurer la Iiaiitenr d'une moiitairne.A qui faire croire de pareilles énortnités? Invraisoml)lal)les il première lecture, elles ne supportent pas l'examen, et une véridcatioft sommaire en démontre la fausseté. C'est une cliarq^e amusante et rien de plus. Les erreurs s'y entassent sous la plume de Marbot; Mac(|uaid (toujours estropié en Macard) était général de division et non de brigade ; il n'a jamais été trompcltemajor; il n'a donc pu sauter de ce grade à celui do général; on s'en convaiucra à la simple lecture de ses états de service, (voir à l'Appendice). Quant à son ignorance et à ses manières, il faut s'en tenir à l'apjiréciation de Bonaparte, au témoignage du g»' PiOguct, aux lettres que Bonaparte, Kellermann et Bertliier écrivirent à. Macqnaiil, lors de sa retiaitc, pleines de regrets et d'éloges. J'en ai dû la communication ;i l'obli-'eanco de JI. Xavier Mougin, député des Vosges et de M. le D' ISestor Kury, couseiller gén»'. maire de Cliarnies, où une lillo de Macquard était mariée au juge de paix Vacy. Il existe en outre un petit-lils du g"i, c'est M. Lâchasse, secrétaire de la l-'aciilté de droit à l'Université de Nancy.

1. Sous-lieutenant du ;j juiu 1785, après trente ans de services.

2. Les crreuis de détail commises par Marbot sur le nom, le grade, les services de- Macrpiard, lelcvées ci -dessus, sutlisent à mettre en gai'de contre ses autres aflirmalions. Elles ne sont pas eu clfot les seules ; c'efst ainsi que pour la taille du g-', il est également à côté de la véiitô : il en fait » un véritable colosse ", alors que d'après son signalement, Macquard n'avait que 3 pieds, .'5 pouces, 1 ligne, soit 1"',73'' 1/2, ce (|ui n'a jamais passé pour une stature colossale, puisqu'il était ainsi plus petit que .Masséna. qu'on dit pourtant <• de petite taille ». Au surjdus, Maibot, quoi ([u'il en dise, n'a jamais connu Macquard, n'a pas pu le connaître i)ersonnellement, puisqu'il réi)0(jue où Marbot place ses récits, à ses débuts ;iu service militaire, à la veille du siège de Gnios, c'est-à-dire fin de 1799 ou commencement de 18C0, Macquard n'apparteniiit plus ;i l'armée depuis jdus de trois ans. Réformé, le 7 décembre 1796, il était arrivé à La Chaussée pour y fixer sa résidence, dès le 6 ventôse an V (24 fév. 1797), d'après une lettre de Macquard au^ Arch. do la G., et s'il ne fut admis à la pension de retraite que le 30 mars ISOO, il n'avait pas, dans l'intervalle, reparu auxj armées. L'irrévérencieux témoignage de Marbot, qui prétend l'avoir connu eu Italie^ est donc plus que suspect.

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