G'i Pelleport, t. !•', p
division Saurct forte de 3,290 h. ; la division Chariot qui comptait seulement 2,309 h., et sous le nom de corps d avant-garde, une véritable division, sous les ordres du général Victor, qui était forte de six demi-brigades, dont deux légères, auxquelles était joint le 22" régiment de chasseurs à cheval; refTectif de ces diverses demi-brigades s'élevait à S,879 h., plus considérable par conséquent que celui du plus nombreux des trois autres groupes '.
A peine arrivées, ces divisions contribuèrent puissamment au succès de la bataille de Loano, où l'un de leurs généraux, Cbarlet, fut tué. Elles apportaient à l'armée d'Italie l'entrain, la confiance que donne la victoire, la crànerie quelque peu tapageuse de leur principal chef Augereau, ainsi que l'habitude de supporter sans se plaindre toutes les priyations. Loin d'être dui'este incorporées telles quelles dans les rangs de l'armée, elles furent, au contraire réparties entre les divisions déjà existantes dont le nombre se trouva porte à six.
L'armée d'Italie, même y compris ce renfort, ne comptait au moment où le général Schérer allait en céder le commandement à Bonaparte, que 139 bataillons de troupes actives et 45 bataillons de garnison, donnant au total un efTeclif de 61,281 1\ présents. L'infanterie entrait dans ce chilTre pour la presque trtaïité : 51,824 h. ; l'artillerie n'avait que 5,791 h. Quant à la cavalerie, on avait dû la reléguer pour la faire vivre sur les bords du Rhône et de la Durance ; elle ne comptait d'ailleurs qi e 3,6C)G sabres*. C'était, on doit le dire, la partie la plus faible à tous égards de larmée d'Italie.
1. Étnt de situation de l'armée des Pyrénées-Orientales, établi par l'adjt-gai Cosson, d3 sept. nO'J (.Arcli. G.). Il convient de remarquer que ces divisions, comprenant cliacune (sauf la division Charlet; quatre demi-brigades, ne vinrent pas en Italie telles qu'elles avaient combattu en Catalogne; on les avait formées spécialement avec des cor|)S prélevés dans toutes les divisions. Après leur départ, il ne resta plus sur la frontière espagnole, que la division Pérignon et la division Haquin, et encore cette dernière fut-elle dirigée à son tour le H oct. 1795 sur l'armée d'Italie.
•2. Etat décadaire du 10 au 20 ventôse an IV (28 fév.-lO mars 1796), certifié par le clicf de l'état-major Gaultier (de Kervéguen) (Arcli. G.). On remarquera que d'après un éiat de situation du .'i mars (l-T ventôse an IV), l'effectif aurait été de 66.483 h. présents au lieu de 61,281. La différence provient en partie de l'ariivée de la 14» demi brigade, venant de Perpignan, .')26 h., et de 878 h. réquisitionnaires incorporés ou déserteurs rentrés. Au 21 mars, Scbérer évalue l'armée à la date du l" germinal à 52,341 fantassins, 3,394 cavaliers, 559 artilleurs ou sapeurs, plus 6.000 réquisitionnaires ou hommes venant des Pyrénées (Arcli. G.). D'après les Mémoires de Masséna (t. II, p. 13). il y avait 95,778 li. dont 37,775 i)résents ; le g»' Pommcrcul, p. 3 parle de 56,000 h.; Glausewitz décompte 43,000 h. pour l'armée d'opérations, ' fil, 000 au total et 60 canons.
Ces 184 bataillons, groupés ou non en demi-brigades, étaient répartis en neuf divisions : deux d'avant-garde, quatre du corps de bataille et trois dites de la Côte '.
Cliacunc de ces divisions était du reste fort inégale en composition et en force; les corps (pii les formaient étaient eux-mêmes d'effectif très difl'ércnt ; presque toutes cependant comportaient trois brigades *.
L'armée, dont le quartier général était à Nice, s'étendait tout le long du littoral, de Nice à Savone, bordant la mer et gardant l'étroit espace entre les cimes de l'Apennin et le rivage de la Méditerranée. C'était une bonne position défensive, mais qui pour l'offensive n'offrait aucun point d'appui. D'ailleurs, le pays était entièrement épuisé ; il en fallait sortir â tout prix sous peine d'y périr de consomption ; « il fallait avancer ou reculer 3. » Scbérer pensait au recul ; Bonaparte à l'action ; l'armée qui croupissait depuis tant de mois ne pouvait qu'acclamer Bonaparte et le suivre ; c'est lui qui avait raison. Au moment où Scbérer dut résigner le commandement il se ])roposait de reculer jusque la Roya et même jusqu'au Var *. Toutefois Scbérer avait attendu l'arrivée de son successeur avant d'ordonner ce recul, d'autant plus incomprébensible, qu'en même temps il portait en avant la brigade Pijon sur Voltri, cédant aux instances réitérées de Saliceti.
Ainsi, lorsque Bonaparte arriva au quartier général, l'armée occupait les emplacements suivants :
L'avant-garde formait la droite de l'armée, face à l'Apennin et à la fois vers Gènes. Ses deux divisions étaient réunies sous les ordres du général Masséna, le plus ancien, le plus expérimenté et le plus fameux des cliefs de l'armée, qui avait placé son quartier général à Savone.
1. CcUc répartition, la seule authentique, n'a été imliquce exactement par aucun historien, sauf ]iar le ir»' Juns (t. III, p. 140). Clausc^vitz ; Joniini lui-inèmc toujours si bien renselL'né (t. VIII. p. ÎJOj, ne parlent pas de la division Mevnieret supposent au contraire une division Masséna. Joniini ne connaît que deux divisions de la Cote au lieu de tiois. Tliiers commet la même erreur. Le m"' Marmont lui-même (t. l"', p. 143), le c' Vial (t. !"% p. 96), et le c' Uiistow (p. 37), ne comprennent que quatre divisions. Adrien Pascal, (t. II, p. 39), imagine que la division La Harpe était comi)osée de rcl'u^iés italiens et polonais. Il faut noter cependant (|ue le g"i Kocli, dans les Mémoires de Masséna (t. II, p. 428) a donné l'exacte composition et répartition de l'armée, mais sans détails; voir aussi le c' Krelis (t. II, p. 371 et 381 des pièces justificatives).
2. Voir aux annexes le tableau détaillé de la coinpositiou de l'armée d'Italie.