‹ Bonaparte et Hoche en 1797Chapitre 5 sur 12 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA QUESTION DES LIMITES ET LE COUP d'ÉTAT (i)

Pendant que Bonaparte négociait et signait les préliminaires de la paix avec TAutriche, les Directeurs, fort impatients d'en recevoir la nouvelle, spéculaient sur cette paix future; ils se demandaient qui en ferait les frais, TAllemagne ou Tltalie, et avec qui ils en partageraient les bénéfices, la Prusse ou l'Autriche, Tune et Pautre vraisemblablement. Convaincus que par la Prusse seule, et avec la Prusse, ils arriveraient à leur objet, la réunion totale de la rive gauche du

(i) Manuscrits des Affaires étrangères. — Procès-verbaux du Directoire. — Correspondance de Napoléon; Correspondance inédite du général Bonaparte. — Sybel, Histoire de l'Europe pendant la Révolution française , trad. franc., i. V et VI. — HûFFER, Œstreich und Preussen gegenûber der frans^ôsischen Révolution. — Franchetti, Storia d^Italia, t. I. — Correspondance de Thugut; Correspondance de Talleyrand, publiée par M. Pallain; Correspondance de Sandoz, publiée par M. Bail- LEu; Correspondance du général Dommartin, par M. de Besancembt; Mémoires de Thibaudeau, Larevellière-Lépeaux, Lavalette, Bourrienne, Talleyrand, Carnot. — La Sicottière, Frotté. — BoNNAL, Chute d'une République. — Trolard, De Montenotte au pont d'Arcole, de Rivoli à Magenta. — Victor Pierre, le i8 Fructidor.

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Rhin; continuant d'ailleurs à confondre, dans leurs desseins, le bouleversement du Saint- Empire et Thégémonie de la Prusse dans TAllemagne du Nord avec la suprématie delà France en Europe, ils s^entétaient à attirer dans leur jeu Frédéric-Guillaume qui s'y dérobait toujours. « Le roi de Prusse dictera la paix, disait Delacroix à Tenvoyé prussien, Sandoz; je dis plus, et je parle au nom du Directoire : il dépend de lui de s'emparer du Hanovre et de ceindre la couronne impériale. » Carnot exprimait au même agent les mêmes pensées : « Il est une vérité constante ec que les événements futurs confirmeront : les deux cours impériales (Russie et Autriche) n'auront jamais d'autre système que d'abaisser la maison de Brandebourg, et la France républicaine n'aura jamais que celui d'élever sa considération et sa puissance (i). » La Prusse, à ce moment, n'avait qu'un mot à dire, et les Directeurs commençaient, pour le plus grand profit de cette monarchie, à tailler dans le grand en Allemagne^ à séculariser les ecclésiastiques, à médiatiser les laïques, c'est-à-dire à concentrer les territoires et à réunir les peuples.

En Italie, sans y marcher d'un pas aussi décidé, ils inclinaient de plus en plus, à mesure que s'étendait la conquête et que la victoire se prononçait, vers une politique analogue. Mais si les conséquences de cette politique devaient être les mêmes en Italie qu'en

(i) Rapports de Sandoz, 3 et i8 avril, dans Bailleu; 7 avril, dans HuFFER, p. 32 1.

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Allemagne, le motif, en Italie, était plus noble et plus conforme aux principes de la Révolution française. Il ne s'agissait pas de « faire un empereur » et de dessiner des royaumes comme au temps du maréchal de Belle-Isle; il s'agissait d^émanciper un peuple. Le projet était ancien. D'Argenson Pavait suggéré à Louis XV : « concentrer, disait-il^ les puissances italiques en elles-mêmes, en chasser les étrangers », et former, entre ces puissances, une association « comme il y en a une germanique, une batavique et une helvétique (i) >, tel était ce dessein que Napoléon III devait reprendre en iSSg. Il n'y avait à y changer que quelques mots, à mettre : république, là où d'Argenson écrivait royaumes, grands-duchés ou duchés, pour le ramener à cette idée d'une « ceinture d^Etats libres » que caressaient les politiques du Directoire. Larevellière-Lépeaux s'était fait le coryphée de cette entreprise. Il y pensait depuis longtemps, dii-il, lorsque, le i6 décembre 1796, le Directoire ordonna que les manuscrits de d'Argenson seraient tirés du Bureau du triage des titres pour être déposés dans ses archives. Larevellière lut les chapitres relatifs à l'Italie et y trouva la confirmation de ses vues. Ce n'était point l'unité de l'Italie qu'il proposait; c'en était la préparation. Mais le Directoire ignorait encore s'il ne serait pas contraint de restituer la Lombardie ou d'abandonner les Légations

(i) Mémoires de d'Argenson, t. IV, p. 266, 464 et suiv. Cf. Mémoires de Larevellière-Lépeaux, t. II, p. 218, 270, 280, 3o2.

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à Tâu triche. Il y était résigné, en cas de nécessité absolue. Dans ce cas, il eût été déloyal de promettre à ces peuples une indépendance qu^on n^était pas sûr de leur garantir; il eût été coupable de les exposer à des vengeances en cas de retour de leurs anciens maîtres. D'autre part, on ne pouvait les laisser dans une anarchie aussi fâcheuse pour eux que nuisible à la rentrée des contributions et réquisitions dont vivait Tarmée française. Il était donc opportun de leur donner une organisation au moins provisoire. Cette organisation aurait, en outre, l'avantage de former des cadres de nation et d^Etat pour le cas oti les Italiens, rendus ou cédés à TAutriche, refuseraient de se soumettre et « réuniraient leurs efforts pour se soustraire au joug > de l'empereur. Larevellière essaya de concilier toutes ces vues et dressa un projet d'instructions à Bonaparte, qui fut approuvé, le 7 avril, par les Directeurs.

Ces instructions sont curieuses à un double titre : elles conseillent précisément à Bonaparte ce que, dans rintérét de son proconsulat italien, il jugeait utile d'accomplir; elles ouvrent, par contre-coup, des aperçus sur les idées des Directeurs, en matière de liberté politique et de gouvernement. Le régime auquel les instructions du 7 avril proposent de soumettre r Italie annonce celui auquel Bonaparte, après le 18 brumaire, soumettra la République française. <K Le Directoire croit, comme vous, qu'il ne faut pas laisser les assemblées primaires se réunir. » Une constitution calquée sur la nôtre conviendrait à ces peuples, à condition de restreindre, en matière de finances, les

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prérogatives du Corps législatif; mais il n'y aurait pas lieu de faire élire ce Corps législatif avant le départ des troupes françaises; dans tous les cas, il importera de restreindre le nombre des députés, a Quelque grand que soit un Etat, un conseil de 120 personnes et un autre de 60 feront tout aussi vite et tout aussi bien les lois, et même beaucoup mieux que des corps plus nombreux. » Elles seront mieux faites encore et plus vite sans députés, qc Notre propre exemple nous apprend combien il est funeste d^attendre tout cela (la réforme des lois et des impôts) d^un nouveau Corps l^islatif qui) par mille causes diverses, se traîne pendant un temps considérable dans la carrière législative, et surtout des finances, avant d'y marcher, et laisse, pendant de longues années, un gouvernement naissant dans le marasme, et toujours en danger de périr. » Donc, point de constitution, des règlements d que vous publierez toujours comme général en chef... La volonté législative, tant que nous occuperons le pays militairement, ne doit être manifestée que par vous seul. » Il nommera à tous les emplois ; il fera disposer par des commissions, formées par lui et composées chacune de trois membres, toutes les lois relatives à la justice, à Tadministration, aux finances, à Tarmée, à la police, etc. Il les publiera et les fera exécuter. La dépêche se terminait, d^ailleurs comme toutes les autres, par des adulations et par un blancseing : « Le Directoire s'en rapporte entièrement à vous... Il est convaincu, quelle que soit Pissue, que vous aurez toujours été dirigé par votre attache-

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ment sincère à la République... Puissent nos vœux se réaliser en faveur de la liberté de cette partie de ritalie, et vous aurez ajouté à la gloire d'un grand capitaine la gloire non moins satisfaisante et non moins solide du bienfaiteur et du législateur d'un peuple libre. »

Le plan du Directoire s^appliquait aux Cispadans et aux Transpadans, réunis en une seule république. Mais s'arréterait-on à cette limite? Le Directoire rêvait d^une Italie « libre jusqu'à TAdriatique ». On en parlait à Paris, on le disait très haut à Milan. Dans quelle mesure les Directeurs approuvaient-ils les menées révolutionnaires des agents lombards et des émissaires français qui agitaient les villes de la Terre ferme? Si la Lombardie était érigée en république avec les Légations, Venise ne serait-elle pas fatalement destinée à indemniser Tempereur? Les Vénitiens auraient été bien aveugles et bien sourds s'ils ne sMtaient point préoccupés de ce double péril qui les menaçait, révolution ou démembrement, les deux peut-être. Leur envoyé à Paris, Querini, recueillait les bruits les plus alarmants. <c II ne se passe pas de jour, écrivait-il au commencement d^avril, oti je ne sois amaramente cruciato. » Il avait en portefeuille des instructions datées du 27 août 1796, qui prévoyaient cette extrémité et Pautorisaient à employer les derniers expédients. II alla trouver Barras et Padjura d'ordonner aux généraux français de ne pas intervenir dans les affaires intérieures de la république de Venise, a Etant plus forts que vous, répondit

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Barras, c'est à nous de commander... La République de Venise peut perdre tous ses Etats dUtalie pendant notre occupation. » Querini saisit la nuance. « Il faudrait, écrivait-il le 8 avril, de 6 à 7 millions; mais deux en numéraire suffiraient; on fournirait le reste en obligations. » 11 s^aboucha avec un des nombreux « courtiers » qui passaient pour avoir la confiance de Barras; c'était un certain Wiscowîch, Dalmate d'origine, a Le sort de Venise est dans vos mains, lui dit ce politique officieux. Le Directoire est partagé... deux de ses membres combattent les mesures révolutionnaires, deux les approuvent, le cinquième reste indécis... moyennant un subside, la solution serait infailliblement favorable à la Seigneurie. » L'officieux exigeait, séance tenante, une provision. Querini se débattit et finit par promettre 600,000 francs en lettres de change et 24,000 francs de commission; mais il signifia que le payement n'aurait lieu que sur rengagement formel d'évacuer les territoires vénitiens et de faire cesser les menées révolutionnaires. Barras promit d'écrire à Bonaparte et de remettre à Querini une copie de la lettre. La promesse n'était pas plus tôt donnée que l'officieux reparut : Barras se trouvait dans l'impossibilité de livrer la copie. Querini demanda qu'au moins les lettres de change ne fussent point escomptées avant que les engagements eussent reçu un commencement d'exécution. Barras à cette nouvelle entra dans une indignation dont son courtier rapporta l'écho à Querini. Toutefois, moyennant 100,000 livres de plus, Tex- vicomte consentit à laisser

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suspecter son honneur : — « Il recevra Querîni et fournira un papier qui vaudra un engagement; sinon, conclut Tofficieux, Venise est perdue! » Querini, épouvanté, signa pour 700,000 livres de traites et reçut, en échange, une lettre du secrétaire du Directoire certifiant que les Directeurs avaient donné des instructions conciliantes à Bonaparte : le secrétaire assurait, en outre, Tambassadeur a des intentions amicales et pacifiques du gouvernement français ». Cet échange de papiers eut lieu le 20 avril; quant aux intentions « amicales et pacifiques » du Directoire, elles se traduisirent dans une lettre que Delacroix écrivit à Clarke, le 22 : a — Vu le désir que la nation manifeste pour la paix, mandait ce ministre, le Directoire autorise, quoique à regret, son plénipotentiaire à consentir à Tévacuation du Milanais et du Mantouan, mais en observant les délais nécessaires pour nous permettre de châtier les Vénitiens s'ils refusent de réparer leurs torts; il faudra stipuler Texpulsion des Anglais de tous les ports autrichiens; l'empereur devra consentir la cession de toute la rive gauche du Rhin, ou au moins le démantèlement de Mayence; quant au dédommagement de Tempereur^ le Directoire n'envoie à son représentant aucun ordre impératif. Clarke s'inspirera de l'esprit de ses instructions et s'entendra avec le général Bonaparte. » Cette dépêche donne le dernier mot du Directoire, avant les préliminaires de paix.

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Le courrier qui apportait cette convention arriva à Paris le 29 avril, au soir. Les sentiments des Directeurs furent très mélangés. Tant que la paix demeurait douteuse, ils s^accordaient pour la réclamer; dès qu'elle paraissait possible, les belliqueux élevaient leurs prétentions; à peine signée, elle leur parut insuffisante. Bonaparte, dirent*ils, s'est trop hâté de conclure; les victoires de Tarmée du Rhin permettaient d'obtenir de plus grands avantages, a Je me livre à la joie que m'inspire la paix rendue à ma patrie, raconte Carnot; Le Tourneur la partage; mais les triumvirs rugissent : Larevellière est un tigre ; Reubell pousse de gros soupirs; Barras, désapprouvant le traité, dit cependant qu^il faudra bien l'accepter », sauf à le qualifier d^« infâme d. Cette épithète s'appliquait, non au principe des indemnités en hommes et au partage des terres, mais à la quantité d'hommes et de terres attribuée à TAutriche. Cependant les Directeurs tombèrent vite d'accord qu'il fallait aller au plus pressé; le plus pressé était de satisfaire Topinion publique, par suite, de ratifier les préliminaires. Ils les ratifièrent donc séance tenante, avec l'arrière-pensée de filer la négociation de manière à tirer de cette convention ce que les articles ne contenaient point ou ne

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Stipulaient qu'obscurément : les frontières naturelles.

La communication faite, le 3o avril, aux Conseils ne mentionna pas les articles secrets, c'est-à-dire le démembrement et le partage de la république de Venise; quant aux articles patents, elle les enveloppait, à dessein, dans une équivoque : Tempereur, dit le Directoire, renonce à la Belgique, consent à l'indépendance de la Lombardie et a reconnaît les limites telles qu^elles ont été décrétées par les lois de la République 9. Le traité se tenait à la lettre des décrets et ne considérait que les décrets dits constitutionnels, c'est-à-dire ceux d'octobre ijpS; la frontière reconnue embrassait les Pays-Bas, Liège et le Luxembourg. Le public interpréta le message du Directoire selon Tespritde 1795; il y voulut voir la cession de toute la rive gauche du Rhin. La joie déborda : chacun se crut à la veille du succès de son parti. Pour les Directoriaux, c^était l'affermissement du Directoire; pour les modérés, la fin de la guerre et du règne des Jacobins. Tout le monde, d^un même mouvement, acclama Bonaparte, vainqueur de TAutriche et pacificateur de la République.

Le Directoire trouva qu'on Pacclamait trop. En même temps que le traité, il avait reçu la lettre du 19 avril, par laquelle Bonaparte donnait sa démission et demandait un congé pour revenir en France. « Ma carrière civile sera, comme ma carrière militaire, une et simple », disait-il. Les Directeurs, estimant qu'il jouait trop au proconsul en Italie, redoutant qu'il ne voulût se découper une sorte de gouvernement indé-

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pendant, de « protectorat j», en Lombardie, persuadés qu'il se prêterait mal à une négociation destinée à annuler ou à transformer les préliminaires signés par lui, crurent habile de le prendre au mot et publièrent^ le 2 mai, un extrait de sa lettre du 19 avril, annonçant son retour. « La joie de revoir Bonapane, — disait, en commentant cette lettre, Tofficieux RédaC'leur, — la joie de revoir Bonaparte au sein de la France et de Paris, sera pure et dégagée des inquiétudes que des malveillants n'ont pas craint de semer au profit des factions. Les factieux de toute espèce n^auront pas d^adversaire plus redoutable, le gouvernement d'ami plus fidèle. » Bonaparte, de son quartier général d'Italie, pénétrait mieux l'opinion de Paris que les Directeurs de leur cabinet du Luxembourg; il était déjà, et de bien haut, leur maître, dans Part de manier la presse et d^entraîner les esprits. Sa lettre, publiée comme il y avait compté, produisit l'effet qu^il en attendait, et cet effet tourna à la confusion des Directeurs. « Bonaparte est devenu une seconde autorité dans le gouvernement français », écrit Sandoz. On mande, dans le même temps, à Mallet : c Bonaparte a annoncé son retour. Il est, en ce moment, pour les Jacobins, les fanatiques, les philosophes, bien supérieur à Charlemagne (i). » Le Directoire comprit son erreur et jugea qu'il valait mieux avoir Bonaparte occupé en Italie qu^en congé à Paris;

(i) Rapports de Sandoz, i5 mai, Baillbu, I, p. 127. — Lettres de Mollet du Pan, 10 mai, André Michel, II, p. 277.

que, si redoutable que fût sa carrière militaire, c sa carrière civile » le serait bien davantage; que, pour étendre les préliminaires, il faudrait des victoires, de Paudace, de l'habileté, beaucoup de force, autant de ruse, nombre d'usurpations; et que sans Bonaparte on se trouverait privé de tous moyens d^action et de persuasion. Ceux des Directeurs qui désiraient s*en tenir aux préliminaires, comme Carnot, opinèrent que Bonaparte devait rester en Italie pour y hâter la conclusion de la paix définitive; ceux qui désiraient étendre les préliminaires, comme Reubell et Larevellière, opinèrent qu'il y resterait pour forcer la main à Tempereur et obtenir la cession de toute la rive gauche du Rhin. Les Directeurs continuaient ainsi de dériver dans le courant qui portait Bonaparte, et toutes leurs mesures tournaient à livrer le Directoire à ce général en attendant qu'ils lui livrassent la République.

Non seulement ils ne restreignirent point ses pouvoirs, mais ils les augmentèrent. « Nous sommes satisfaits de la sagesse de votre négociation... », écrivirent-ils, le 4 mai. Ils désireraient le voir revenir afin de lui donner les témoignages dus au grand nom qu^il s^est fait dans Phistoire de la guerre et de la liberté; mais sa présence en Italie est nécessaire a pour consolider le nouvel ordre de choses qui va s'établir... ». La République lombarde ne peut se constituer sans lui, « puisque l'établissement de cet Etat libre est un des principaux fruits de ses victoires ». Enfin, devançant ses désirs et ouvrant la voie à la

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