LA CONVENTION DE BALE
a par SCS connaissances du pays (1) " . A son avis, il resterait encore plus de monde à Moreau qu il n'en fallait pour remporter la victoire.
Le même jour, Dupont écrivit également dans ce sens au Ministre de la guerre (2), et, dans la soirée, Berthier renouvela sa demande au Premier Consul (3) . Le 7 floréal, Dupont insista à ce sujet, en termes pressants, tant en son nom qu'en celui de son chef :
" Il est indispensable... que le général Moreau nous donne sur le champ 15,000 hommes, avec l'artillerie nécessaire à ce corps... Si le général Lecourbe arrive à temps, quel que soit le sort de la Rivière de Gênes, nous franchirons avec confiance les Alpes et nous pourrons nous maintenir en Lombardie... Le général en chef insiste sur la nécessité d'ordonner au général Lecourbe de se réunir à lui. Sans ce secours, nous ne pouvons rien tenter avec succès. Moreau sera encore supérieur à son ennemi. Si ce secours nous était refusé, nous serions inférieurs à l'ennemi... et le sort d'une bataille dans le Piémont serait très douteux. L'opération par le Gothard avec le corps de Lecourbe est la plus grande et la plus sûre [i] . "
Mais le Premier Consul, respectueux sans doute de
(1) Berthier à Bonaparte. Dijon, 5 floréal (A. H. G., Armée de réserve).
(2) A. II. G., Armée de reserve.
(3) Berthier à Bonaparte, Dijon, 5 floréal, 11 heures du soir-, (A. H. G., Armée de réserve".
(4) Dupont au Ministre de la Guerre, Dijon, 7 floréal (A. H. G., Armée de réserve).
la convention passée à Bâle, ou craignant de froisser Moreau, refusa de donner satisfaction aux désirs de Berthier (1), et sen tint pour le moment aux onze bataillons laissés en Helvétie sous les ordres de Moncey. Il savait, d'ailleurs, que les Autrichiens avaient reçu « de puissants renforts (2) » en Allemagne, et pour ce motif, peut-être, jugeait-il imprudent d affaiblir l'armée du Rhin. Quoi qu'il en soit, le 10 floréal, Carnot fit écrire aux généraux Berthier et Dupont que l'armée du Rhin ayant commencé ses opérations, il n'en fallait pas compromettre le succès, en lui enlevant sur-le-champ 15,000 hommes; que Lecourbe devant passer le Rhin le jour même. » ce serait l'exposer à être battu partout que de changer sa destination, avant d'avoir assuré la position de l'armée du Rhin» ; qu'il fallait s'en tenir aux clauses conclues entre Berthier et Moreau (3) .
Ainsi, le Premier Consul qui avait déjà fait à Moreau les plus larges concessions, à propos du plan de campagne, lui laissa encore une fois gain de cause. L'effectif des troupes destinées à garder l'Helvétie, la date de l'envoi de renforts à l'armée de réserve, la désignation du général appelé à les commander, étaient laissés par Bonaparte à son entière initiative.
(1) En marge de la lettre de Dupont datée du 7 floréal et où il était question à nouveau du détachement que devait fournir l'armée du Rhin, Garnot écrivit au crayon : « Le Premier Consul n'a pas approuvé cette distraction de 15,000 hommes. » ^A. H. G., Armée de réserve).
(2) Moreau à Bonaparte, Bâle, 27 germinal ^A. H. G.\
(3) A. H. G., Armée de réserve.