‹ Bonaparte et MoreauChapitre 17 sur 54 · LA CONVENTIONS DE BALE · texte numérisé non relu

LA CONVENTIONS DE BALE

mistice qui lui avait été faite le 23 g^erminal, sur l'ordre des Consuls, l'armée française passerait le Rhin sur-le-champ (1).

La convention passée entre les deux généraux en chef porta la date du 26 germinal (16 avril). Berthier chargea son chef d'état-major d'expédier au Ministre de la guerre le texte des dispositions arrêtées de concert avec Moreau. Il rendit compte lui-même au Premier Consul, quelques heures avant son départ de Bàle, le 26 germinal, de quelques-unes d'entre elles (2) . Il lui fit connaître aussi l'opinion de Lecourbe qui jugeait très difficile de « passer par le Saint-Gothard et désirerait pénétrer par le Tyrol (3). » Berthier considérait l'attaque de Moreau comme « bien combinée « , et il lui présageait de grands succès; mais il vovait " dans un temps éloigné, le retour du général Lecourbe avec les forces nécessaires pour exécuter le passage d'Italie (4; . »

Toujours conciliant, Bonaparte répondit à Berthier qu'il avait lu « avec plaisir » ce qui avait été arrêté entre eux et qui lui avait » paru raisonnable (5) " .

Il le rassurait en même temps, au sujet de la coopé-

(1} Kray répondit, le 27 {lerminal, qu'il n'avait pas le pouvoir pour traiter d'un armistice. Moreau au Ministre des relations extérieures, Râle, 27 {jerminal, A. H. G.\

^2^ 11 annonçait plus de détails à son arrivée à Dijon. II écrivit en effet le 29 germinal. (^Corresp. de Napoléon, n" 4724.)

(3) Berthier à Bonaparte, Bàle, 26 germinal (A. H. G.).

^ô'^ Conesp. de Napoléon, n" 472V.

ration éventuelle de Lecourbe. Prévoyant le cas où les avantages remportés par Moreau sur le Rhin ne seraient pas assez décisifs pour que ce dernier pût se priver d'un détachement aussi considérable, le Premier Consul jugeait que l'opération en Italie serait a peut-être encore possible » avec un renfort de cinq demi-brigades et de 2,000 hommes de cavalerie envoyés par l'armée du Rhin. " Qui est-ce qui vous empêcherait, ajoutait-il, même dans le cas où le général Moreau ne pourrait pas vous fournir de grands secours, d'agir indépendamment (1)? »

Mais Berthier ne partageait pas cette manière de voir. Apprenant que Masséna avait été attaqué, il estimait qu'il n'y avait pas un instant à perdre pour le dégager. Par suite, déclarait-il, il était indispensable de prendre immmédiatement un parti, sans tenir compte « des événements du Rhin et même de ceux de l'aile droite de l'armée d'Italie » (2).

Le 5 floréal, il proposa à Bonaparte d envoyer à Moreau !'« ordre impératif " de réunir le 15 de ce mois, à Lucerne, un corps de 15,000 hommes avec tous les approvisionnements, le matériel et les équipages de mulets nécessaires pour franchir le Saint- Gothard. Il demanda également que Moreau fut mis en demeure de placer ce détachement sous les ordres de Lecourbe qui, disait-il, est absolument nécessaire

(1) Corresp. de Napoléon, n° 4724.

(2) Berthier à Bonaparte, Dijon, 5 floréal (A. G., Armée de réserve).

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