‹ Bonaparte et MoreauChapitre 2 sur 54 · SOURCES CONTEMPORAINES A. SOURCES INÉDITES · texte numérisé non relu

SOURCES CONTEMPORAINES A. SOURCES INÉDITES

1») Archives historiques de la Guerre.

L'authenticité de ces documents est incontestable, mais il faut entendre par là que la provenance en est certaine, non que le contenu en soit exact.

Les opérations militaires, prises dans leurs grandes lignes, considérées en d'autres termes, au point de vue stratégique, peuvent être décrites fidèlement quand l'on possède — et c'est généralement le cas — les ordres antérieurs qui les ont déterminées. Toutefois, il est toujours indispensable de compai'er ces ordres avec les mouvements qui ont été réellement exécutés et de rechercher les causes des modifications survenues.

Il en est tout autrement des batailles. Les rapports qui y ont trait doivent être soumis à une critique sévère. Presque toujours, celui qui les a rédigés a été placé, pour observer les événements, dans de très mauvaises conditions. Son attention a été fortement distraite par la nécessité d'agir et par les dangers qu'il courait personnellement. Il a noté tardivement ce qu'il a vu : vainqueur, il a songé d'abord à poursuivre l'ennemi; vaincu, à échapper à son étreinte. Une

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foule trincidcnts se sont superposés, dans la journée, à un fait déterminé, d'où la confusion des souvenirs. En outre, le souci de sa propre gloire, le désir de cacher ses erreurs, rintenlion d'exagérer la valeur de ses troupes et de dissimuler leurs faiblesses, ont pu l'entraîner à altérer la vérité, l'arfois il a cherché, consciemment on inconsciemment, à représenter des événements dus au simple hasard, comme le résultat d'un plan prémédité. Fréquemment enfin, le général, en racontant la bataille qu'il vient de diriger, comuiunique, non pas ses propres observations, miis celles de ses officiers ; son récit est déjà, en grande partie, un document de seconde main.

Les Archives historiques de la Guerre présentent des lacunes. Nombreux sont les ordres de détail et les rapports définitivement perdus ou conservés encore indûment par les descendants de ceux qui les avaient reçus. Nombreux sont les registres de correspondance qui ont été égarés au milieu des péripéties diverses de la guérie.

l*ossédons-nous la correspondance complète de Bonaparte et de Moreau, ou bien y a-t-on pratiqué des coupes au moment de l'arrestation et du procès de ce dernier? La question reste douteuse.

Les cartons et registres utilisés sont ceux qui se rapportent aux armées dti Rhin (1800-1801), f/e Rlun-et-Mosel'e, chi Danube, d'Italie (1799-1801), des Grison'i, de Réserve, de Batavie. La correspondance des armées et les bulletins analytiques renvoyant aux registres sont classés par ordre chronologique. L'indication, dans une référence, de la date du document et de l'armée dont il est question, suffit donc pour retrouver une pièce déterminée.

Les cartons de la Correspondance ycntrale (I7i'9-180i), un par quinzaine, fournissent des renseignements utiles pour les événements de l'intérieur.

Un carton étiqueté : Correspondance particulière de Moreuïi et contenant une tiès faible partie des papiers saisis

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