HocHB. — Côtes de Brest, — Général en chef
1. Mss, A. E. Rapport du Conseil royal au comte de Provence. 3 Mss. Archiff 8 de la guerre.
actuellement proposé pour les côtes de Brest, comme commandant en chef.
BuoNAPARTE, satis posUion, proposé pour l'Ouest.
Fait et arrêté an Comité de Salât publie ^ le 25 prairial, l'an m de la République française.
Signé : F. Aubry, Doulcet, Tallien, Gambacérés, Treilhard, Gillet, Rabaut, Marec, Vernier, Defermon,
Pour un homme qui avait écrit, à propos de son frère Joseph : « Il veut être sans doute dans i*infan- « terie. Bon 1 je l'entends, il veut être toute la journéiB « sans rien faire. Il veut battre le pavé toute la jour- « née. D'autant plus, qu'est-ce qu'un mince officier « d'infanterie? un mauvais sujet les trois quarts du « temps, » le coup était rude. Il n'était pas le seul. Les nouvelles de la famille étaient déplorables. Madame Bonaparte et ses filles étaient à peu près sans ressources. Joseph, dont la situation devenait difficile à Marseille, ne songeait plus qu'à une chose, s'expatrier, se retirer à Gènes et y faire le commerce ou tout autre métier tant soit peu lucratif. Lucien, l'ancien Brutus, écrivait des lettres désespérées. Sa femme et son enfant se trouvaient dans la plus grande détresse.
Quant à Louis, il allait également subir les rigueurs du sort. Lors de la revision des cadres, ses blessures et ses états de services , dus à la complaisance de SalicettietdeTurreau, n'avaient pas eu plus de succès que ceux de Joseph. Deux jours après le décret qui désignait son frère pour servir à l'armée de l'Ouest, il était « par principe d'éga^té, renvggiié à Texamen
« pour l'école de Châlons, conformément à la loi *. » Mais Bonaparte avait, entre autres grandes qualités militaires, celle de ne point se laisser abattre. Le moment critique arrivé, il savait faire face aux difficultés, de quelque côté qu'elles se présentassent. C'est le propre des hommes de guerre de génie. Que faire d'ailleurs? partir? obéir tranquillement aux ordres d'Aubry et rejoindre son corps d'armée à Brest, à une autre extrémité de la France? mais c'était abandonner ses intérêts les plus chers, quitter Louis et s'éloigner de sa famille déjà si éprouvée. Et puis cette guerre contre les Chouans ne lui sourit pas. Ce qu'il veut, c'est être son maître. Or, dans l'infanterie, un général de brigade n'a le plus souvent aucune initiative, aucune responsabilité. Il ne fait pas même partie du conseil de guerre. Dans l'artillerie, au contraire, on. commande effectivement et le commandement est varié, qui plus est, indépendant.
Bonaparte résolut de rester. Il y réussit. Grâce à l'amitié d'un officier de santé, nommé Marquis, il se lit délivrer un certificat de complaisance de maladie et l'adressa au bureau des officiers généraux en y joignant une demande de sursis de départ de trente jours. « Je suis employé comme général de brigade « dans l'armée de l'Ouest, écrit-il à Joseph, le 23 juin ^, « mais non pas dans l'artillerie. Je suis malade, ce « qui m'oblige à prendre un congé de deux ou trois « mois; quand ma santé sera l'établie, je ven^ài ce ^ue « je ferai. » A dire vrai, Bonaparte n'est pas sérieusement souffrant. Il est simplement énervé. Le fait en
1. Mss. Archives de la guerre. Autographe, signé : F. Aubry. 21 prairial an III.