ATTACHÉ AD COMITÉ DB SALUT PUBLIC (SBCTIOM DBS OPÉBATIONS ET DIS
PLANS DB CAHPAONB), DU 31 AOUT 1795 AU 15 8BPTBMBBB 1795. DESTITUÉ POUR REFUS D'OBÉISSANCB, SU 15 SBPTBMBBB AU 13 TBMDÉMIAIRB.
Siurexeitation et découragement de Bonajparte. — Attitude d'Anbry et de Gillet à son égard. — Les bureaux de la guerre. — Le classement du 13 juin 1795. — Bonaparte est désigné pour se rendre à Tarmée de l'Ouest, en qualité d'officier général d'infanterie.— MauTaises nouvelles de la famille. — Lucien est obligé de se cacher. — Louis, renvoyé à l'école d'artillerie de Cbâions. — Bonaparte se fait donner un certificat de complaisance de maladie pour obtenir un sursis de départ, 14 juin 1795.— Ses frais de route.— Bbnaparte s'occupe d'achat de biens nationaux. — Le mois de juillet se présente plus favorablement. — Travaux de Bonaparte. — Demande d'un sursis de départ de vingt jours pour raison de santé, 14 juillet 1795. — Rapports de Bonaparte et de Barras. — Influence de la société parisienne et surtout de la société des femmes sur le caractère de Bonaparte. — Ses lettres à Joseph. ~~ Junot demande Pauline Bonaparte en mariage. — Le général refuse ; il préfère^ Fréron. — Départ de Fesch. — Départ de Joseph pour Gênes. — Demande d'un conanlat pour Joseph. — Variété des états de services de ce dernier. — Malheurs de Lucien. — Ses terreurs. «- Sa lettre à Chiappe. — Bonaparte sauve Lucien, grftce à Barras. — Le 4 août. — Pourquoi Bonaparte attend cette date. — Sa réclamation pour rentrer dans l'artillerie, S août 1795. — Mauvais effet de cette demande. — Découragemeut de Bonaparte. — Sa lettre à Joseph et à l'ordonnateur Sucy. — Il reçoit Tordre de rejoindre son poste, 16 août. — Il n'obéit pas. — Son entrée au bureau miii« taire du Comité de Salut public, 17 août 1795. — Joie de Bonaparte. — Ses projets en Orient. — Origine de cesprojets. — Tendance de la famillç Bonaparte à aller chercher fortune en dkent. — Les rapports d'anitié entre la
Sublime Porte et la République française. — État de l'artillerie turqos en t795. — Le sultan demande l'envoi d'une mis&ion. — Bonaparte se pro^ pose. — Son plan de campagne en Italie est adopté, — Exaltation de Bonaparte. — Il fait projets sur projets. — Ses idées de mariage. — Sa demande de chcvanx. — Déplorable effet produit par cette demande irrégulière. — Réponse des bureau]( à sa demande de réintégration dans l'artillerie. — > Acceptation d'un projet de mission à Constantinople, avec Bonaparte pour chef.—» Jje même jour, 15 septembre, le Comité de Salut public décrète la destitution du général Bonaparte poor refoi d'obéissance '•
Quand on songe à' la date à laquelle Bonaparte a écrit sa lettre à madame Permon, on est presque en droit de ne pas s'étonner du ton acrimonieux qu'on y constate. Bonaparte souffi^ait moralement et physiquement. Il était surexcité à Texcès. Le mois do juin 1795 est, en effet, Tun des plus critiques qu'il ait eu à passer.
Au lendemain des événements de prairial, il s'était trouvé tout naturellement signalé à l'attention des nouveaux membres du Comité et particulièrement à celle de Gillet et d'Aubry.
Gillet et Aubry sortaient tous les deux de l'arme de l'artillerie. Aubry, avec ses quarante ans de service, n'était encore que général de brigade. Esprit étroit et méthodique, il était de nature essentiellement jalouse, comme tous les gens voués à l'étude d'une spécialité, ne connaissant rien aux grandes questions d'ensemble, et croyant avoir tout résolu parce qu'ils n'ont rien vu ni rien entendu. Rentré en France
1. Événements principaux. — 7 juin 1795, prise de Luxembourg; 21 juillet, affaire de la presqu'île de Quiberon; 22 juillet, traité de Bàle entre la France et l'Espagne; 3 août, création du Conservatoire de musique; 6 septembre, passage du Rhin à Diisseldorf par l'armée française, sous les ordres du général lourdan ; 20 septembre, prise de Manheim ; 23 septembre, proclamation de la Constitution de l'an III. Pendant cette période, Pille reste cbargé de la direction de la Commission executive pour les affaires militaires.
grâce à la réaction thermidorienne, il était sincère* ment attaché à la cause royaliste ^ Giilet, plus modeste, plus modéré, était imbu des mêmes traditions, traditions qui régnaient du reste en souveraines dans les bureaux de la guerre et particulièrement dans ceux de l'artillerie et du génie. Les ministres passent, les bureaux restent, a-t-on dit. Or, pendant la révolution, cette observation si juste était plus frappante encore. Dans ces conditions, comment s'étonner des dispositions peu bienveillantes montrées à Tépard d'un officier aussi indiscipliné, aussi mal noté que le favori de Robespierre?
En réalité, le mot de malveillance n'est pas à sa place. On n'appliquera au jeune général que les dispositions réglementaires prescrites par Dubois de Grancé, en vue du tiercement des officiers. Mais, par ce temps de mesures plus ou moins arbitraires, on eût pu certainement se montrer mieux intentionné à son égard.
Au classement, Bonaparte se trouva donc le dernier, par l'âge, des généraux de brigade d'artillerie et comme tel versé dans l'arme de l'infanterie, en raison de l'excédent des cadres de son ancien service. Le décret est formel. Il parut le 13 janvier 1795. Il est ainsi formulé ' :
État des généraux de division et de brigade proposés pour être employés pendant la campagne de Van UL