Gillety le collègue d'Aubry, était sorti le 15 messidor
« c'est en suivant le plan de campagne qu'il a donné que « l'armée s'est emparée de Saorgio, d'Oneille et d'Ormea fc et que nous avons battu les ennemis à Gairo.
« Au premier travail qui fut fait pour les officiers généfc raux il avait été nommé pour commander rartillerie de « l'armée de TOuest; il s'y rendait lorsqu'il a appris qu'il « n'avait point été compris parmi le nombre des officiers « généraux d'artillerie.
« Lorsqu'à son arrivée à Paris, il a demandé les rai- « sons pour lesquelles il avait été oublié et placé dans a l'infanterie, on lui a allégué :
ic 1« Qu'il y avait un grand nombre d'officiers généraux tf qui avaient servi dans l'artillerie, qu'ils ne pouvaient « pas tous être compris parmi ceux de ce corps, ne pou- « vaut yen avoir que vingt... Cependant Ton en a créé « plusieurs de nouveaux, au moment même du travail, «€ notammentlescitoyensDurfuôte, Campagnol et Valshin; u la nomination du premier a d'autant plus étonné que « le citoyen lïurtubie n'a point fait la guerre, a refusé de la « faire depuis le commencement de la révolution et est le « premier exemple peut-être d'un officier fait général sans « avoir vu le feu ,
« 2<» L'on a allégué que le général Buonaparte était trop « jeune, comme s'il n'y avait pas même des généraux en « chef plus jeunes que luil Comme si cette objection, t( bonne pour qui n'aurait que trois ou quatre ans de « service, était applicable à celui qui en a i7,quiaméritô « son avancement par des actions d'éclat et est dans I9, « force de l'âge.
« Cette raison est d'ailleurs dénuée de tout fondement, « car si on compte l'ancienneté à dater du brevet de « général, il est un des plus anciens des généraux de bri- « gade d'artillerie et plusieurs de ceux qui sont compris, « ont été sous ses ordres.
« Si l'on compte l'ancienneté, depuis le grade d'élève it et d'officier, il est plus ancien que les généraux hebelle
« et Lemairef le premier n'ayant été officier qu'en n88 et « lesecoud eo 1790.
« Si le général Buonaparte a été exclu du nombre des « officiers généraux d'artillerie, il Ta été sans aucune « raison et par l'impulsion de quelques intrigants connus « de tous temps dans les corps par leur assiduité à circon- « venir tous les hommes en place, ce qu'ils appellent fairo « la guerre, et avoir des années de service.
« Le général Buonaparte attend de la j ustice des membres <c du Comité de Salut public chargés de la partie milî- « taire, qu'ils voudront bien le restituer à ses fonctions, a et ne permettront pas qu'il ait la douleur, après avoir « commandé l'artillerie dans les circonstances les plus « fâcheuses de la guerre et avoir contribué aux succès les « plus éclatants, de voir sa place occupée par des hommes « qui se sont constamment tenus en arrière, qui sont « absolument étrangers à nos succès, inconnus dans « nos armées, et qui ont l'impudence de se présenter « aujourd'hui pour vous arracher le fruit de la victoire « dont ils n'ont pas voulu courir les chances*. »
Il y a du feu, même une sorte dlndignation généreuse dans ce rapport. Mais aussi, que d'exagérations I que d'insinuantes attaques contre ses camarades ! que d'inexactitudes I
Il se dit officier d'artillerie en 1782 et c'est seulement à la fin de l'année 1784 qu'il obtient son brevet. Il se donne 17 ans de service, campagnes comprises, au lieu de douze. Il s'attribue les succès de l'armée d'Italie en 1794, ceux de Saorgio, particulièrement; or, il est arrivé à Nice, juste au moment où les opérations commençaient. Les autres allégations sont à l'avenant. Du reste, le bureau de l'artil-