AVERTISSEMENT, III
€ Le peuple vît la latte ; il ne put y prendre « part. »
Et c'était en 1857 que Tardent of&cier publiait ces lignes ; treize ans avant Sedan, avant Metz I
Or, cette œnvre de réparation, il appartenait donblement à nn en£Eint de l'Alsace de la continaer. J'ai tenté l'entreprise. J'y consacrerai ma vie. Réussirai-je? je ne sais. Du moins, j'aurai fait mon devoir, celui d'un officier respectueux des dernières volontés des siens.
C'est à Saveme, au pied des belles montagnes des Vosges que j'ai appris à chérir de plus en plus la patrie française. Le malheur attache. C'est en voyant s'étendre au loin ces riches plaines, trois fois foulées par l'étranger, par suite des mêmes fautes ; c'est en songeant à cette tombe, brisée par les obus ennemis et qui sera ma dernière demeure *, que j'ai rêvé prendre ma part d'efforts dans ce grand travail de rénovation. '
Vous froissez des opinions respectables, me dit on. Je l'admets. Je puis différer de manière de voir avec bien des gens, je puis me tromper ; du moins, ce que j'écris est l'expression sincère de ce que je crois être le vrai.
La méconnaissance des faits de l'histoire, suivant
1. Mon fçrand-père, attaché à rétat-major du général Desaix, a été ruiné par l'invasion ; sa famille, cruellement éprouvée. Trois officiers de mon nom ont été tués à Gravelotte. Le siège de Strasbourg a entraîné la mort de plusieurs des miens et dispersé les autres. De tout ce petit monde de personnes et de choses qui existait au delà des monts, il ne nous reste plus que le souvenir, et aux portes de Strasbourg, aux bords de la route qui mène au Rhin, un caveau, et dans ce caveau une dernière place, libre celle-là, la mienne.