‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799, d'après les documents inéditsChapitre 5 sur 185 · II AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

II AVERTISSEMENT

et le bien de l'armée à son bien propre. Avec le concours d'officiers d'état-major, républicains éprouvés, lui, le second du général Oavaignac, lui, le représentant de cette généreuse ville de Clermont-Ferrand, s'était voué à l'œuvre de la régénération de l'armée.

Ce dévouement, il devait le payer de sa liberté. Interné à Ham, conduit à la frontière, chassé de ville en ville, privé de son titre d'officier, il était condamné à mourir sur la terre d'exil. Or, lui aussi avait osé aborder de front l'étude critique de la légende napoléonienne. Et avec quelle puissance ! Quelle énergique protestation dans ce dernier passage de son livre sur Waterloo !

c( Pour moi, je le dis bien haut, je contemple d'un « œil sec Napoléon, cloué sur un rocher au milieu « des mers ; je réserve mes larmes pour ceux qui (.( furent victimes de son ambition. Elles ont coulé « quand j'ai foulé les champs où dorment tant de c( milliers de soldats tombés sous le drapeau de la a France, ensevelis ici dans un éphémère triomphe, a: là dans une trop durable défaite.

<£ Cette défaite pèse encore sur notre patrie ; il (( ne faut pas se le dissimuler ; car on a vu, on est « parvenu à faire voir la France luttant tout entière «ï dans un suprême effort, là où n'ont combattu c( qu'un homme et une armée, un homme dont le ■ « génie militaire s'était épuisé dans les excès du « despotisme ; une armée restée numériquement fai- « ble, dénuée de toutes réserves par suite de len- « teurs, d'hésitations inouïes dans l'organisation de

la défense, par suite encore et surtout de la dupli- « cité d'une politique odieusement énervante.

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