BUONAPARTE
Gela fait, Charles se rendit à Paris avec Marie- Anne. Dans les derniers jours de juin, la jeune Corse entrait à Saint-Cyr. Pour Charles, il continuait la série de ses sollicitations. Chez M. Le Sancquer^, il apprenait le rejet de la demande d'admission gratuite de son fils Lucien à Brienne. Il fallait auparavant, lui
1. Le ministre écrivit en haut : <t Faire la réponse ordinaire, s'il y a lieu. »
On lit en marge ;
« On fait connaître à ce gentilhomme, que sa demande sera inadmissible, tant que son second fils serait à l'école militaire de Brienne, deux frères ne pouvant être en même tempis dans les écoles militaires. »
^. Commis au secrétariat de la guerre, ayant dans ses attribations le service de rartiilerie.
disait-on, que Napoléon quittât l'école et renonçât à la marine. Il en écrivit tout aussitôt à son fils. Celui ci désigna Tartillerie ou le génie. Une arme ou une autre, peu lui importait, pourvu qu'il n'entrât ni dans la cavalerie, où les souffraijces d'amour-propre étaient incessantes, ni dans l'infanterie où Ton ne faisait rien.
Charles écrivit dans ce sens au ministre de la guerre *. Il désigna l'artillerie. L^i mémoire de proposition pour l'admission de Napoléon, en qualité de cadet-gentilhomme à l'École royale militaire de Paris, fut donc établi, le 16 juillet 1784*, dans les bureaux même» du secrétariat de la guerre et remis, avec avis favorable, à l'inspecteur général des écoles royales, M. le marquis deTimbrune. Celui-ci répondit qu'à l'inspection suivante on ne manquerait pas de faire droit à la demande du postulant, si le candidat se trouvait dans les conditions exigées. Ce n'était donc plus qu'une affaire de temps. Restait Joseph qui décidément se refusait à toute idée de carrière ecclésiastique. Il prétendait entrer dans l'artillerie ou le génie, bien qu'il n'eût pas fait les études préparatoires. Charles Bonaparte céda. Il fit une nouvelle démarche en sa faveur, auprès du maréchal de Ségur' :
« Charles de Buonaparte cy devant député de la noblesse les États de Corse, implora le secours du Roy pour Tadmission de deux de ses enfans aux Écoles Royales mili» faîres.