juillet 1784. Mss., archives de la guerre
2. Mss. Archives de la guerre et Nasica, p. 16. 8. Mss. Archives ddla guerre, 18 juillet 1784.
« Mais ne pouvant obtenir la place que pour son cadet, il mit en pension son aine au collège d*Autun en Bourgogne. Son dit fils a tourné ses études pour l'artillerie ou pour le génie, et il se trouve en état d'être placé. Il ^ finit *es classes avec distiction^ suivant le certificat du principal ^u'il a l'honneur de joindre à la présente requête.
« Le suppliant, Monseigneur, destitué de iouie protetion est venu avec confiance se jeter à vos pieds pour intéres ser votre cœur paternel en faveur d'une nombreuse fapaille qui désire servir son Roy.
« 11 a l'honneur de vous demander une place dans l'artillerie ou dans le génie, pour son aîné, qui a fijiit ses classes, et que, retournant en Corse, il perdrait le fruit de son éducation.
« Dieu puisse vous conserver longtemps, Monseigneur, à la France et à votre famille, et vous accorder une parfaite mntee.
Ledit supplianl : de Bdoxaparte.
Cette lettre de Charles Bonaparte fait peine. On pressent dans ces termes de basse supplication l'affaiblissement moral et physique d'un homme usé par les génuflexions et les sollicitations incessantes. Et, c'est là tout le dix-huitiènje siècle I adulation, servitude et arrogance I de dignité, nulle part.
Au haut de la lettre de ce père aux abois, on peut lire cette ligne écrite par le ministre : « Yolr à luy « faire dire que c'est avec M. le marquis de Timbrune, « qu'il doit s'entendre. » Le 23 juillet, en effet, on répondait de Versailles à M. de Buonaparte, ancien député de la noblesse de Corse, à Paris ;
« Je me suis fait rendre compte, Monsieur, du mémoire que vous m'avez rerais, par lequel vous demandez que
ratné de MM. vos fils, qui se destine pour le corps royal de l*aptillerie ou pour celui du génie puisse concourir à reffet d'être admis dans l'un ou dans l'autre corps.
« Comme yous annoncez qu'il étudie au collège militaire d'Autun, c'est par M. le marquis de Timbrune, inspecteur général des établissements de cette espèce qu'il doit m'êlre proposé, ainsi vous pouvez vous adresser à lui. "Je vous renvoie en conséquence les pièces qui étaient jointes à ce -mémoire, afin que vous puissiez les lui présenter. »
Charles Bonaparte, cette fois, s'adressa à M. de Timbrune. Celui-ci répondit favorablement. Joseph pût espérer concourir, mais à la condition de posséder rinstruction nécessaire. Or, au collège d'Autun, on n'étudiait que les humanités. Il fut donc convenu que Joseph entrerait soit à Brienne, soit à Metz, à l'ouverture des cours annuels, c'est-à-dire dans les premiers jours du mois de novembre , de manière à se trouver en état de passer son examen. Tannée suivante. En attendant, il reviendrait en Corse avec -son père, dont l'état de santé était devenu inquiétant. Charles Bonaparte, en effet, se trouvait à bout de forces et de ressources. Dès les premiers jours d'août, il dut repartir pour Ajaccio, en passant par \utun. Il y prit Joseph. Le 12 septembre. Napoléon lui écrivait^ :
Mon cher Père,
« Votre lettre, comme vous pensez bien, ne m'a pas Mi beaucoup de plaisir ; mais la raison et les intérêts de votre santé et de la famille, qui me sont fort chers, m'ont