‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799: d'après les documents inéditsChapitre 39 sur 144 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

BONAPARTE A L*ÊCOLE MILITAIRE DE PARIS 22 ocTOBM 1784. — 22 siPraiMi 1765.

Réorganisation de l'école militaire de Paris. — La compagnie des cadets-geiv tilsliommcB. — Goinpo»ition du personnel de l'école. — Son fonotioimement. — Bonaparte à l'éoole. — Son binôme le chevalier Des Mazis cadet. •- Souffrances morales de Bonaparte. — Son mémoire sur l'école militaire.

— Tristes uonrelles d'Ajaccio. — Naissance de Jérôme Bonaparte (7 no- -vembre 1784). — NouTelles difficultés de Charles Bonaparte à propos de U «uccession Odooe. — Nouveau voyage en France avec Jos«ph. — Sa maladie. — Son arrêt à Montpellier. — Madame Permon. — Mort de Charles Bonaparte, le 24 février 1785, — Embarras financiers de la famillo. — Retour de Joseph Bonaparte en Corse. — Abandon de ses projets militaires.

— L'archidiacre Lucien Bonaparte nommé tuteur de la famille. — Douleur de Bonaparte à l'école. — Son mémoire sur l'éducation des jeunes maniotcs.

— Se» visites à la famille Permon. — Ses visites à Saint-Cyr. — Le couvent des demoiselles noblea de Saint-Louis. — Bonaparte passe ses examens pour entrer dans l'artillerie. — Il est classé avec le n» '.2 — Le 1er septembre 1785, il est nommé second lieutenant au régi(t»cnt d'artillerie de la Fère, à Valence. — H reçoit sa lettre de service, le 24 octobre. — Il quitte Técole militaire de Paris, le 29 octobre 1785 i.

L'Ecole militaire de Paris venait d'être réorganisée. Supprimée à cause des abus qu'elle avait occasionnes et du mauvais esprit qui y régnait, elle fut rétablie

1. Comte de Ségur, ministre de la guerre, 23 décembre 1780 - 29 aotU 1787. — Précis des événements : Arrêt contre la publication des œuvres de Voltaire. — Révolution de Hollande.

lia BONAPARTE A L*KCOLE MILITAIRE DE PARIS.

aussitôt après la chute de M. le comte de Saint-Germain.

En réalité, les adversaires du ministre avaient eu beau jeu pour réclamer le retour à l'ancien état de choses. Ce n'était pas à TÉcole, disaient les détracteurs, que ces enfants de quinze ans avaient pris ces idées d'infatuation, mais au sein même de leurs familles divisées dans chaque province par une foule de démarcations plus abusives les unes que les autres. Au régiment, d'ailleurs, ils s'étaient heurtés à des divergences de même nature. Tout était nuance dans les relations des officiers, soit entre eux, soit avec la société qui formait le fond de la garnison. En résumé, ajoutaient-ils, la suppression de l'École, loin d'arrêter le mal, n'avait fait que l'aggraver en lançant dans la vie active des troupes, des jeunes gens, des enfants, qui n'avaient pas même reçu le complément d'instruction uniforme donné précédemment à l'École. D'autre part, les bâtiments affectés à cet établissement restaient vacants ; c'était une perte pour l'État. De plus, professeurs, officiers et agents n'avaient pas été replacés, et touchaient des indemnités onéreuses. Le roi se rendit à ces raisons. La réorganisation fut décidée. Le 17 juillet 1777, parut l'ordonnance prescrivant la reconstitution à Paris d'un corps de cadets-gentilshommes et d'un cours d'instruction à l'usage de ces jeunes nobles.

Le commandement devait être exercé par l'Inspecteur général des Écoles militaires. Les cadets étaient choisis parmi les élèves les plus distingués des collèges militantes de province, âgés de treize à quinze ans. Ils étaient nommés par le roi, élevés et entretenus gratuitement pendant la durée de leur séjour*

Les jeunes gens, dont l'éducation s'était faite aux frais des familles, pouvaient également concourir à l'admission. Dans ce cas, ils payaient deux mille livres de pension annuelle et quatre cents livres de trousseau. Tous avaient le même rang que les cadetsgentilshommes servant dans les troupes. Ils obtenaient de droit leur brevet de sous-lieutenant à seize ans révolus, mais conservaient la faculté de rester à l'École pour y compléter leur instruction*. Quant à ces études, elles devaient porter uniquement sur les langues vivantes, l'histoire, la géographie, les mathématiques, les fortifications, le dessin, la danse, l'escrime et l'équitation.

Rien n'est curieux comme l'organisation intérieure de cet établissement d'éducation fonctionnant dan* les bâtiments de ce que l'on appelle encore aujourd'hui l'École militaire du Champ de Mars. Si le nombre des cadets est restreint, cent vingt au plus, celui des officiers, professeurs et agents est au contraire exagéré. Qu'on en juge :

Un gouverneur général^ inspecteur général des Écoles, M. le marquis de Timbrune-Yalence, lieutenant-général;

Un sous-inspecteur général commandant V hôtel y le chevalier Reynaud de Mons, brigadier de dragons;

Un commandant de la compagnie de cadets-gentilshommes, M. le baron de Moyrio, lieutenant-colonel de cavalerie;

Un directeur général des études^ chargé des affaires

1. Ordonnance du 18 octobre 1777. — Ordonnance du 11 janvier 1778. — Ordonnance portant règlement pour Torganisatioa intérieure de l'École, du 6 novembre 1779.

extérieures, M. le chevalier de Walfort, mestre de camp d'infanterie;

Un contrôleur général dé l'hôtel y M. Pelé;

Un secrétaire du conseil^ garde des archives, M. Haquin;

Un trésorier général^ M. Ghoulx de Biercourt;

Un aide-major de l'hôtel, M. de la Noix, major d'infanterie ;

Quatre sous-aides-majors, MM. de Pernon, de Tarragon, chevalier Dupuy, chevalier de Mars, capitaines d'infanterie ;

Un commissaire des guei^^es de la compagnie des cadets, M. David, ordonnateur*;

Un commissaire du roi pour vérifier la noblesse des élèves ", M. d'Hozier de Sérigny ;

Trois écuyers, MM. d'Auvergne, lieutenant- colonel commandant en chef; MM. de Bongard et le chevalier Louis Dutertre, capitaines de cavalerie;

Un contrôleur des bâtiments, deux directeurs spirt-tuels, un chapelain, un sacristain; un maître des enfants de chœur, des chantres, un organiste;

Un médecin, M. Macmahon*;

Un chirurgien-major, M. Garre, chevalier de l'Ordre, docteur, etc.*;

Un chirurgien-oculiste, M. Grandjean; deux aides* chirurgiens et un apothicaire.

Pour l'enseignement : deux professeurs de fortification; deux professeurs de dessin; trois professeurs de

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