‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799: d'après les documents inéditsChapitre 40 sur 144 · M. Garre demeurait rue de Grenelle · texte numérisé non relu

M. Garre demeurait rue de Grenelle

ANNÊB5 1784. H5

mathématiques^ dont Monge et J.-B. Labbey; (rois maîtres de langues^ dont M. Bauer pour l'allemand; deux maîtres de géographie; un professeur d'histoire^ M. de L'Éguille; un professeur de belles-lettres, M. Domairon; deux maîtres d'escrime, deux maîtres de danse, un maître d'écriture, un maître de voltige, un bibliothécaire, quatre capitaines des portes, un contrôleur de la bouche, un concierge, un garde-magasin, un chef de bureau de la comptabilité, un commis du bureau du contrôle général, quatre commissaires • du secrétariat, un inspecteur des bâtiments, un sousinspecteur des bâtiments, un tailleur, des perruquiers, des ravaudeuses, des garçons de salle, etc.. Et tout ce monde était logé et nourri aux frais de l'État. Et quels logements* !

L'administration occupait les principaux locaux

1. Les tables des cadets étaient de trente couverts. Chaque table comprenait cinq services, savoir :

{Dinergras), la soupe, le bouilli, deux entrées, trois assiettes à dessert.

{Souper gras), deux plats d'entremets, salade, trois desserts

{Dîner maigre), la soupe, deux plats de légrumes, un plat de graines, un plat de poisson, un plat d oeufs, trois desserts.

(Souper maigre), potage au riz, deux plats de légumes, un plat de graines, un plat de poisson, un plat d'œufs et trois desserts.

A déjeuner et à goûter les cadets avaient du pain.

Us recevaient deux vêtements neufs par an, le !•' mai et le !•' novembre. (Règlement du 7 juin 1780). L'habillement d'hiver se composait du grand uniforme complet et d'un chapeau garni en argent. Le tout coûtait quatre-vingt-cinq livres L'habit d été comportait l'habit de grand uniforme, une culotte.écariate, trois vestes de basin, plus un chapeau bordé en argent. Les deux vêtements revenaient à cent soixante-dix-sept livr s treize sols. Chaque cadet avait son linge à lui, marqué à s( n numéro. Il en changeait trois fois par semaine. Ce linge se composait de dôme chemises, douze cols, douze mouchoirs, douze paires de bas. A sa sortie il touchait un trousseau neuf composé de la même quantité de linge.

llrt BONAPARTE A L'ECOLE MILITAIRE DE PARIS.

situés du côté du Champ de Mars, à proximité de la salle du conseil dont les réunions étaient mensuelles. L'état-major était installé dans les bâtiments de Taile gauche. Les écuyers demeuraient dans les locaux annexes de la partie réservée à Tétat-^major. Les ecclésiastiques se trouvaient à la droite, les professeurs h l'aile en retour de celle des ecclésiastiques. Les médecins, le chirurgien et le restant du personnel habitaient le bâtiment situé en face de l'infirmerie. Les cadets avaient le surplus, c'est-à-dire les combles, où ils couchaient deux par deux dans d'étroites cellules. Bonaparte resta dans l'une de celles dont l'unique fenêtre donnait sur la grande cour. Il y eut pour binôme le cadet Des Mazis^ (Alexandre).

A l'école, Bonaparte fut moins isolé qu'à Briennc Sa sœur se trouvait à proximité de lui, à Saint-Cyr; son camarade était un simple et bon garçon qui devint son confident et son ami, autant qu'on pouvait l'être d'un jeune homme déjà disposé à tout dominer. Quant à ses souffrances morales, elles n'avaient fait qu'augmenter. A Paris, la rivalité entre pensionnaires et pensionnés, entre nobles de province et nobles de cour, se traduisait chaque jour par de& scènes pénibles. Il n'en pouvait être autrement dans un milieu où l'on voyait en contact avec les filsi pauvres de braves offlciers de fortune tels que. Des Mazis, d'aussi hauts et arrogants petits person-

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