mars 1790. Mss. Archives guerre
provinciaux furent supprimés ' et remplacés à nou* veau par des bataillons auxiliaires de miliciens, recrutés sur le territoire. Chaque régiment de cavalerie eut également son escadron auxiliaire. Or, ces licenciements rendirent disponibles nombre de colonels et de lieutenants-colonels. Pour arrêter leurs plaintes, on les envoya dans les régiments, en qualité de lieutenants -colonel s; de là le surnom de jocqueys qu'on leur donna, par suite de leur inutilité bien reconnue. Pour les autres officiers qui ne trouvèrent pas place dans cette réorganisation, ils s'expatrièrent. Plus de huit cents d'entre eux passèrent au service des puissances étrangères, dans les colonies anglaises et en Pologne, où on leur assura la possession d'un grade supérieur et l'indemnité de leurs frais de déplacement.
Évidemment dans cette série de mesures il y avait du bon, beaucoup de bon; mais un tel changement, nous l'avons dit, était incompatible avec le genre d'iesprit qui régnait dans les hautes sphères de la société française. Il en fut de l'essai d'organisation de M. de Saint-Germain comme de tout ce qu'avait tenté ce ministre dans les autres branches des services militaires. Il avait eu des intentions excellentes ; elles avaient été tournées en ridicule. 11 avait souhaité voir clair dans ses bureaux ; ceux-ci s'étaient montrés plus puissants que lui. 11 avait voulu épurer le personnel vicié de son ministère; ce ministère était resté inamovible, lui seul était parti. A l'aide de quelques règlements bien honnêtes, il s'était imaginé venir à bout du mal qui rongeait l'armée; de ce mal, il était mort,
i. 15 novembre 1775.
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comme Tarmée et le régime que celle-ci personnifiai! devaient en mourir. La maison croulait. Il fallait l'abattre pour la reconstruire sur de nouvelles bases. La nation seule était en mesure de se charger de cette colossale besogne.
Ainsi donc, recrutement défectueux, enrôlements insuffisants, cadres ignorants et viciés, organisation mauvaise; puis, au milieu de. cet eflbndrement, quelques esprits supérieurs prévoyant Tavenir et soupirant après les réformes, des bas officiers et des officiers de fortune avides de droit, de justice et de renouveau, telle était Tarmée dans laquelle le cadetgôntilhomme corse. Napoléon Bonaparte, allait avoi? rbonneur de faille ses débutA.