‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799: d'après les documents inéditsChapitre 57 sur 144 · Mgs, Archives de la guerre · texte numérisé non relu

Mgs, Archives de la guerre

ANNéB 1786. 159

peut être obtenue qu'après avoir fait preuve de quatre générations de noblesse.

« De cet exposé, il résulte que la famille Bonaparte, évidemment originaire de Toscane, est descendante directe de Jean Bonaparte, qui fut garant pour la république de Florence, de la célèbre paix qu'elle signa avec le cardinal Latino. Elle a toujours été reconnue pour telle par ceux des Bonaparte qui demeurent en Toscane. Le suppliant, guidé par ces motifs et par le désir de reconnaître son ancienne patrie, n'a pas hésité de recourir à la clémente puissance de votre A. R., pour lui.

« Joseph Bonaparte, fils de Charles Bonaparte, né en Corse, et le plus humble de vos serviteurs, ose vous représenter avec respect que sa famille, actuellement domiciliée en Corse, tire son origine de la Toscane, et spécialement de Florence, où, dès le temps même de la république, elle fut revêtue des premiers emplois, et s'allia avec les plus illustres familles, telles que les Albizzi, Aberti Tornabuoni, Attavanti et autres semblables; par suite des événements politiques arrivés dans les républiques d'Italie, ladite famille de Bonaparte, divisée alors en plusieurs branches, et attachée au parti des Gibelins, fut forcée d'abandonner la ville de Florence, et de se réfugier en divers États. La branche à laquelle appartient le suppliant se retira à Sarzane, alors petite république, où elle fut admise aux premiers honneurs et contracta d'honorables alliances, particulièrement avec la maison Malaspina.

« La famille du suppliant, par suite des révolutions de l'Italie, s'étant transportée tout entière en Corse, a fixé sa résidence à Ajaccio, où les Bonaparte ont toujours été considérés comme nobles, ainsi que le constatent les lettres delà république de Gênes, qui déclarent Jérôme Bonaparte, chef des plus anciens d'une cité, où lui et les siens avaient pour alliés les Colonna, les Bozi, les Ornano, Durazzo, Lomellino de Gênes, et se trouvaient en possession des droits seigneuriaux du fiei de Bozi, etc..

« La Corse étant passée sous la domination da roi, il se permet de demander humblement la permission de revêtir les insignes de l'ordre de St-Étienne^ afin que, honoré de cette décoration nouvelle, il ait à l'avenir de plus fréquentes occasions de prouver la vénération et la fidèle obéissance qu'il doit à la très-respectable personne de votre altesse royale, ainsi qu'à son auguste famille ^ »

Sous rinfluence de ces nouvelles favorables, Bonaparte se montra presque sociable. Il fréquenta le petit monde dont l'abbé de St-Ruf était l'âme. Ces relations, d'ailleurs, lui étaient presque imposées par la nécessité. L'abbé de St-Ruf était l'ami intime de Mgr de Marbeuf, de l'abbé Raynal, en un mot, de tous les protecteurs de la famille. Ce fut dans ces conditions qu'il fut reçu chez madame Grégoire du Colombier •. Il y rencontra les dames Dupont, mademoiselle Caroline Grégoire du Colombier^, mademoiselle de St- Germain*, mademoiselle de Laurencin*, toutes per-

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