BONAPARTE A AJACCIO
braves enchaînés à sa fortune. Cette soif immense et continue de la renommée, âpre désir qui lui fera tout sacrifier, patrie et famille, il l'aura résumée dans la dernière phrase de ce conte d'enfant : « Jusqu'où « peut pousser la fureur de l'illustration ! »
Entre temps, il s'occupait de la réinstallation de la maison des Milleli, du rétablissement des Salines et d'une plantation de mûriers. Il était à tout et partout, pendant que son frère se livrait à Florence aux douceurs d'un commerce d'huile, qui devait l'enrichir. Mais le congé approchait de sa fin, et les afî'aires de la maison allaient toujours mal. La réponse du mi^ nistre aux demandes maternelles n'arrivait pas» D'autre part, les nouvelles du régiment étaient inquiétantes. On parlait de déplacements prochains et de mouvements importants. Un détachement du corps avait été réuni mystérieusement à Givet, et, de là, envoyé par petits groupes en Hollande, pour y être mis à la disposition des États-généraux, menacés d'une attaque de la part du roi de Prusse. Un corps d'observation, formé le long des frontières du Nord et placé sous les*ordres du comte de Rochambeau\ avait été cantonné à Maubeuge, Givet, Philippeville et Ro* croy. Le régiment d'artillerie de la Fère en faisait partie nominativement. Dans ces conditions, Bonaparte ne pouvait rester plus longtemps en Corse. Il n'était