‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799: d'après les documents inéditsChapitre 67 sur 144 · ANN^E · texte numérisé non relu

ANN^E

pas encore au temps où il ne tiendrait compte ni des règlements, ni des ordres de ses chefs. Bonaparte quitta Ajaccio le 15 octobre. Il se rendit directement à Paris et y demeura. Là il apprit que son régiment n'était plus à Douai, mais en route depuis le 18 ; le premier bataillon, pour se rendre en Bretagne, le second pour aller en Normandie, et Tétat-major à Fougères. C'était, disait-on, en vue du rassemblement d'une armée sur les côtes de l'Océan. En réalité, ce mouvement n'avait lieu que pour faire face à certaines éventualités en vue de difficultés intérieures. On prévoyait des émeutes. On allait réunir les États généraux ; la cour tenait donc à avoir sous la main des moyens suffisants de coercition.

Le régiment d'artillerie de la Fère ne dépassa pas Saint-Denis; il y fut cantonné pendant le mois de novembre et les premiers jours de décembre.

Pour Bonaparte, il avait autre chose à faire qu'à rejoindre tranquillement son poste. Il demanda à rester à Paris pour y régler des affaires de famille, en attendant le nouveau congé qu'il sollicitait^.

La lettre suivante qu'il adresse, le 9 novembre, à M. l'Intendant de la Corse*, nous mettra au courant de ses démarches :

MoNsnua,

<c J'ose me flaller que vous participerez à l'événement qui vieat de m'arriver et qui est d'autant plus fâcheux qu'il était plus inattendu.

1. Il demeura à Paris, à Th^tel de Cherbourg, rue du Fourfiaint-Honoré.

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