‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 13 sur 190 · Voir les mémoires du comte d'EcquevUly (1790 et · texte numérisé non relu

Voir les mémoires du comte d'EcquevUly (1790 et

SO âTAT BB VARMÉE FRANÇAISE.

A Saint-Pétersbourg, l'impératrice^ voyait dans ces événements le moyen de détourner l'attention de l'Europe de ses projets de conquête.

Le roi de Suède* était plus ardent. Malgré les conseils de son ambassadeur, M. de Staël, il s'était laissé prendre aux récits passionnés de l'un de ses favoris, alors an service de la France, M. de Fersen, jeune enthousiaste gâté par des succès de Cour,

A Copenhague , Christian VII • et son ministre M. de Bemstorff avaient nettement déclaré leur opposition à toute idée d'intervention dans des conflits d'ordre purement intérieur.

En Prusse, Frédéric-Guillaume II* montrait des dispositions plus favorables pour les princes français* Cette politique d'intervention, il est vrai, n'avait guère l'approbation de son oncle, le prince Henri, le protecteur du futur Dubois de Cran ce allemand, M. de Scharnhorst. Mais grâce à l'influence des agents de la Russie et aux avantages entrevus, ces propositions souriaient assez au souverain allemand.

En Belgique, la gouvernante-générale*, sœur de la reine de France, suivait d'un œil inquiet les péripéties

1. Catherine II (Sophie-Auguste-Frédérique), fille du prince d*Anhalt-Zerbst, née à Steltin, le 2 mai 1729, morte le 17 novembre 1796.

2. Gicstave III , né à Stockholm, le 24 janvier 1746, mort assassiné, le 20 mars 1792.

3. Christian VII, roi de Danemark et de Norwège, né le 29 janvier 1749, mort le 13 mars 1808; monta sur le trône en 1766, épousa Garoline-Mathilde, sœur de Georges III.

4. Frédéric-Guillaume II, né le 25 septembre 1744, mort le 16 décembre 1797. Signa la paix avec la France, le 5 avril 1795.

5. Marie-Christine, née le 13 mai 1742, mariée eu 1766 au prince Albert de Saxe, gouvernante-générale des Pays-Bas en

781, morte le 24 juin 1798.

ANNÉES 1789-1791. Si

d*nn drame dont Tun des membres de sa famille devait être un des principaux acteurs.

Sm* les bords du Rhin, on ressentait tout aussi vivement qu'à Bruxelles le contre-coup des événements de Paris. Bn effet, de Bàle à Cologne, il n'y avait pas de grandes familles qui n'eussent des parents au service de France.

L'Électeur de Cologne, soumis à l'influence toutepuissante de sa maîtresse, la femme de l'envoyé de France, M. de Maulevrier ^, se déclarait pour les nobles voyageurs. Pourvu qu'on ne vînt pas trop le déranger dans sa belle résidence de Bonn, ce frère de Marie- Antoinette se disait disposé à laisser conspirer tout à Taise dans l'étendue de sa principauté.

L'Électeur de Mayence, baron d'Erthal, criait très fort. Il obéissait en cela aux conseils du chargé d'affaires, M. le comte Oïelly, et à ceux de ses ministres représentés pour l'instant par deux jeunes femmes amies du prince de Condé.

L'Électeur de Trêves, en qualité d'oncle du comte d'Artois, se croyait dans l'obligation de jeter feu et flamme contre « les brigands français. »

ABruchsal, le comte de Limbourg Wehlen-Styrum, évoque de Spire, montrait une réserve plus grande. Plein d'attentions pour le cardinal de Rohan et pour ses joyeux abbés, il se permettait quelques doutes sur l'issue du conflit.

A Stuttgard , le duc de Wurtemberg * paraissait

1. Maulevrier ( Edouard -Victorien - Charles - René- Colbert , comte de), né en 1754, mort en août 1839. Officier et diplomate.

Officier supérieur en 1T76, ministre plénipotentiaire à Cologne en 1781.

^ Frédéric-Eugène^ duc de Wurtemberg, mort en 1797,

H iTAT DS L'A&MiS FRANÇAISE.

plus froid encore. On le soupçonnait d*ôtre entaché de libéralisme. Son amitié pour le résident français, fort dévoué au parti constitutionnel, M. deMackau, et ses relations avec cet Euloge Schneider, le futur président du tribunal révolutionnaire de Strasbourg et pour rinstant, son prédicateur, donnaient quelque créance à ces suppositions.

L*Électeur de Bavière ^ manifestait tout aussi peu d'enthousiasme en faveur de ces exilés volontaires. Il faisait même partie, af&rmait-on, delà secte des Illuminés.

Pour le cardinal d'Auersberg, prince évoque de Passau, il était de beaucoup le plus pratique. En fait de Révolution et d'émigrés, il ne voyait que ses fêtes et ses réunions de jolies femmes. «...A mesure que « la colonne de valse passait devant nous et s'y arrête tait, dit le naïf agent de la cour de France, M. d'Es« « cars', le Cardinal appelait à lui la dame ou la « demoiselle, me la nomn^ait, me disait son âge, « m'en faisait remarquer la taille fine et svelte, la 4( figure fraîche et adolescente, et chacune, après « avoir reçu de son Éminence une petite caresse et « un compliment, continuait sa danse... »

En résumé, tous ces princes animés de sentiments «i divers étaient incapables d'une action commune. Ils attendaient un mot d'ordre, et, ce mot d'ordre ne pouvait venir que du cabinet de Vienne, dont l'influence incontestée s'exerçait alors sur tous les points de l'Europe. En raison des attaches de famille des souverains des deux pays, les déserteurs français avaienl

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